Culture | 03.12.2010

Urbaines 2010

Texte de Joëlle Misson
Après avoir raté la conférence des programmateurs - l'heure c'est l'heure et la neige n'est pas une excuse; pas de quart d'heure vaudois - je me rends à  la première représentation du théâtre de l'Arsenic pour ce festival des Urbaines.
Source: http://www.lausanne-tourisme.ch/Tools/GetImage.asp?id=166506&RetDesc=N&Type=DocObj

« Claude François, avec 15 minutes de retard il avait déjà  pleins de petites culottes sur scène…»

C’est avec ces mots que Leaticia Dosch débute son one-woman-show. Et de rajouter «… mais je ne suis pas Claude François, parce que moi, je sais me servir d’un sèche-cheveux. » Le début de spectacle s’annonce plutôt bien, Leaticia fait rire… jaune parfois, mais ça tient.

 

On ne sait pas toujours bien où se situer quant à  ses sujets; les handicapés, les vieux, les juifs, les pédophiles, la religion… Ca passe, ou ça casse. « Est-ce qu’il y a des pédophiles dans la salle? Ne soyez pas timides, on est entre nous. »

 

Plus le spectacle avance, moins l’on distingue la limite entre le drôle et le choquant, moins l’on sait s’il faut rire, ou pas. Jusqu’à  arriver à  la coupure, la scission du spectacle ou humour noir et expression scénique amusante ou dérangeante, à  voir, devient quasi vulgaire. Vraiment dérangeant maintenant. « Alors que j’étais seule, j’ai écrit une chanson.»

 

Et sa représentation devient névrosée, à  la limite de la folie, à  ne plus savoir si elle joue encore, ou si elle est en proie à  une vraie crise de nerfs.

 

«  Tous à  poil! » et en moins de deux elle a jeté sa robe et ses chaussures. Elle se retrouve, nue, seule au milieu du cercle de lumière que tracent au sol les projecteurs. A partir de là , plus un mot. Dans l’ombre, une silhouette s’approche, effrayante. Un homme, ou une femme, déguisé en chien de peluche géant s’approche. Jusqu’à  la fin, ils se regardent, se déplacent, montrent du doigt des endroits dans l’horizon, avec un infinie possibilités d’interprétations. Ils tournent autour du cercle de lumière, s’éloignent puis sortent.

 

Il faut attendre quelques dizaines de secondes qui paraissent durer des minutes avant que quelques-uns ne se décident à  frapper dans leurs mains, à  applaudir. Faut-il le faire? Doute, tension, incompréhension. En entendant certains échos, d’autres ont fait part de ce choc, qui a selon eux, tout brisé. D’autres sont dans l’entre-deux, entre fascination et détestation. D’autres encore, – sans vous mentir c’était un homme – n’ont pas été dérangés.

 

Personnellement, j’ai été déçue de cette fin, déçue de cette mise à  nu – au sens littéral du terme – par laquelle Leaticia Dosch semble se dénigrer elle-même et ne montrer aucun considération pour la personne qu’elle est.