22.12.2010

Les Anglais attaquent

Texte de Xavier Willemin
Que les Anglais ne m'en tiennent pas rigueur, derrière ce titre se cache un phénomène dont ils ne sont en aucun cas responsables. D'ailleurs, cette phrase de titre est souvent utilisée telle quelle. Je fais notamment allusion aux règles des femmes ou encore à  un réplique d'improvisation théâtrale. Pour vous assurer de ma bonne foi et éviter que je me fasse fracasser le nez un jour en sortant de chez moi, voici quelques éclaircissements.

Derrière ce titre mystérieux se cache la manie des Francophones d’utiliser des mots anglais pour se la péter un peu alors qu’il existe souvent l’équivalent en français. Ces anglicismes qui envahissent notre magnifique langue française sont principalement la conséquence de l’informatisation de notre société. Et étant donné que les nouvelles technologies parlent l’anglais, il en va de même pour les néophytes. Mais le multimédia n’est pas le seul domaine infesté par ce virus, la mode aussi ! Et quand la mode s’en mêle…

 

La mode s’en mêle même à  deux niveaux ! Tout d’abord en apportant des mots anglais dans le vocabulaire français mais aussi en passant de mode certains anglicismes. Par exemple, on ne va plus du tout utiliser le terme teenager en français, mais adolescent. Quant au célèbre lol du langage MSN, il n’est rien d’autre que l’abréviation de laughing out loud qui veut dire « rire à  voix haute ». Pratique pour exprimer son hilarité au travers du texte, n’est-ce pas ?

 

L’emploi de divers anglicismes (car, oui, l’anglais peut déteindre à  plusieurs points de vue) n’est donc pas si nouveau que ça. En effet, le jerrican nous vient de la deuxième guerre mondiale. Voulant dire en anglais le bidon de Jerry, il est maintenant entré dans le langage courant pour désigner un bidon d’essence de secours.

 

En guise d’autre exemple, la prononciation. Israël se prononce Issraël alors que nous avons la mauvaise habitude de le prononcer Izraël car il s’agit de la prononciation anglaise.

 

Je ne suis pas formellement contre l’emploi modéré d’un mot anglais récemment appris aux cours dans une phrase en français, mais à  condition d’une utilisation restreinte. Ce qui me gêne le plus et qui me fait souvent hurler de rire est la manie pour les Français de répliquer et de s’obstiner à  trouver un mot pouvant remplacer son cousin d’Outre-Manche. Quitte à  inventer de nouveaux mots. Par exemple, l’e-mail est devenu le courriel, contraction de courrier et électronique.

 

Il est vrai que la langue fait partie des éléments identitaires mais pourquoi ne pas rejoindre deux cultures pour préciser un langage ? Car le français, avec tous ses synonymes (dont la langue !), mérite de temps en temps ces compléments étrangers.

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