26.12.2010

Free Hugs

Qui n'a jamais croisé à  la gare de Lausanne Monsieur Câlins? Si si... je suis certaine que vous connaissez. Vous savez, le phénomène "free hug"!

Et oui, si vous êtes en manque de chaleur humaine, promenez-vous par là  les jeudis soirs et vous serez sûrs de le rencontrer. Les uns sont choqués, les autres passent tout droit, d’autres profitent de la situation. En tout les cas, cela ne laisse pas indifférent. On critique, on rigole, on est outré…Eh oui, il est connu ce « câlineur »… Qu’il pleuve, vente ou neige; « monsieur free hugs » sera toujours au rendez-vous afin de proposer un câlin gratuit, une accolade, une poignée de main… Bah oui, c’est pas la débauche non plus!

 

Mais qu’est ce qu’un free hug? Tout le dilemme est bien là . Attention…minute culturelle! Ben oui, c’est un sacré phénomène de société à  décortiquer quand même!

 

Des passants farouches et pressés qui sont choqués par une telle attitude d’affection. Bon avouons le, faut dire que cela sort de la norme! Pardon…cela sort de la norme attendue et privilégiée de notre douce société qui ne peut concevoir l’idée d’un câlin entre deux étrangers et au milieu de la ville qui plus est; non mais quel culot! Dérangeant car hors catégorie. Deux amants qui s’embrassent, des parents qui chérissent leurs enfants, des amis qui se font une accolade; rien de plus normal. Le problème survient donc de cette part étrange, bizarre, provocante même où on retrouve des parfaits étrangers dans cette interaction et une interaction qui se veut amicale mais ne relevant d’aucune réelle tendresse. Un malaise stagnant devant un tel phénomène, une incompréhension à  rendre compte de cette activité. Lorsque l’intime est lié au public, cela crée nécessairement des remous. Mais bon, un certain espace s’installe nécessairement entre câlineur et passant, signifiant bien que cela n’ira pas plus loin, une barrière corporelle qui se met en place, une étreinte aussi brève que distante. Mais qu’importe, ce phénomène dérange, car sa signification est opaque et l’incompréhension demeure alors.

 

Ici, la gratuité est exposée, écrite noir sur blanc… Manière d’indiquer que c’est un câlin spécial car ne relevant d’aucune réelle affection. D’un autre côté, un câlin est par définition gratuit….enfin devrait l’être mais stipuler le contraire c’est m’avancer sur un sujet bien plus délicat et sinueux… Ainsi, l’ambivalence provoquée par ce phénomène est liée à  cette définition de la gratuité et la gêne qu’il provoque à  l’incompréhension que deux parfaits étrangers puissent se serrer dans les bras avant de repartir tranquillement pour continuer leurs emplettes, aller au boulot, attraper le train.

 

Et ce phénomène, est-ce une offre de câlins ou plutôt une demande d’affection? Certainement plutôt un échange pendant une brève étreinte de quelques secondes. Peut-être également une manière pour « monsieur câlin » de reproduire symboliquement une forme d’affection qu’il ne retrouve pas dans son boulot. Enfin, je ne connais pas les faces cachées du marketing, mais à  ma connaissance, les free hugs n’y sont pas en vogue!

 

Minute culturelle terminée… Bah c’était pas si laborieux que ça finalement…

Bref, si l’envie vous prend de rencontrer ce « monsieur free hugs », soyez au rendez-vous les jeudis soirs devant la gare de Lausanne…par simple curiosité ou pour partager une poignée de secondes, une légère étreinte.

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