Politique | 18.12.2010

Démocratie sur la sellette

Texte de Quentin Schwarz
La jeunesse romande s'offusque de plus en plus des résultats des votations fédérales. Certains vont même jusqu'à  se révolter contre leur propre démocratie, de quoi se demander s'ils ont tout compris au système politique Suisse.

Évidemment que dans une votation démocratique il y a les déçus et les réjouis, mais surtout des réjouis. C’est le principe même d’un vote à  la majorité, excepté dans certains cas particuliers où la double majorité des cantons joue son rôle, mais quoi qu’il en soit on respecte la majorité « morale » du peuple de notre Confédération. Le principe de notre système réside dans le choix du citoyen pour sa constitution, rien d’autre ne peut décider de celle-ci, et personne d’autre que le peuple est en droit de la modifier.

 

C’est élémentaire mais les récentes votations, notamment sur les minarets et l’expulsion des criminels étrangers, semblent avoir heurté la sensibilité des jeunes opposants au point de vouloir rendre les principes fondamentaux de notre démocratie caducs.

 

On en va même à  se demander pourquoi l’on vote sur des sujets « irréalisables », en « désaccord total avec tous nos traités internationaux », en « désaccord avec notre propre constitution », en désaccord avec « le droit supérieur Européen » [Lu dans un éditorial de l’est vaudois!]. Bref, en « désaccord avec la Suisse »*. Et bien peut-être faut il se rappeler que, contrairement à  tous les pays de notre voisinage, le seul organe « supérieur » du pays, au dessus de tous les pouvoirs politiques, au dessus de tous les pouvoirs juridiques, et au dessus de tout choix ou texte émanant de l’étranger, c’est le peuple Suisse et uniquement celui-ci qui est en droit de décider, de juger et d’appliquer ses propres règles dans sa bonne et vieille constitution dont la souveraineté lui apporte toute la richesse et la paix du monde.

 

Certains d’entre nous semblent d’ailleurs oublier qu’à  nos « frontières » existent des pays où le citoyen n’a carrément aucun pouvoir législatif, où l’imposition de textes lourds de conséquences se fait d’un claquement de doigt, où la souveraineté d’un pays ne peut même plus être défendue de peur de se faire rembarrer par la commission Européenne.

 

Alors quand un petit pays comme le notre peut se permettre en l’an 2010, au centre de l’Europe, de faire voter ses citoyens sur des sujets aussi variés qu’importants, de manière complétement indépendante, es-ce réellement légitime de critiquer nos valeurs élémentaires ? Je crois que non, je crois que c’est le moment de protéger ce bien précieux qu’est notre démocratie. Je crois que c’est le moment de rappeler à  tous les pays Européens que le pouvoir doit résider dans les mains des citoyens, et que ce sont ces choix-ci qui seront les plus judicieux pour l’avenir et non pas les choix d’une poignée de représentants dans un hémicycle centralisé sur Bruxelles.

 

 

*en se demandant comment cette minorité gauchiste peut encore se persuader de penser pour la Suisse toute entière, vive la dictature des fausse-masses.