Politique | 20.11.2010

Vote anti-riches

Texte de Quentin Schwarz
Nous votons dimanche prochain sur l'initiative socialiste « Pour des impôts équitables ». Malheureusement, sous ce terme finement choisi se cache un véritable missile qui risque bien de péter à  la gueule de beaucoup de citoyens.
Image du parti socialiste pour la campagne

Mais en fait comment ça marche notre fiscalité ? Pour faire simple; actuellement chacun de nos cantons a sa propre souveraineté fiscale, comme le veut notre modèle politique, et donc chaque suisse vote pour le taux d’imposition de son canton de résidence. Ainsi, aucune région de Suisse n’applique le même taux fiscal; il se crée donc une concurrence inter-cantonale ! Un canton cher est moins attirant qu’un canton « low cost ». C’est tout bête mais c’est ça qui a façonné notre pays, qui lui donne cette force de développement, cet attrait et sa première place au classement mondial de la compétitivité.

 

En fait, encore en plus simplifié, la Suisse est constituée de 26 micro-états qui se livrent à  une guerre fiscale depuis bien longtemps. Au final, cela permet à  l’ensemble du pays d’ avoir une attractivité de renommée mondiale.

 

Alors évidemment, les riches entreprises étrangères ou des particuliers ont beaucoup d’intérêts à  venir s’installer ici et certains vont carrément migrer d’un canton à  un autre en fonction du taux fiscal proposé. Ça s’appelle « le tourisme fiscal » (qui peut donc être international ou intra-national). Évidemment, pour éviter des excès dans la souveraineté cantonale, et dans le but de faire cohabiter 26 micros-états sous une même croix blanche, il a fallu fixer des limites. Il y a donc une supervision fédérale qui permet d’éviter une concurrence trop forte de la part de certains cantons et qui empêche toutes tensions dans le pays. Or les socialistes sont persuadés que le système actuel ne fonctionne pas et qu’il faut impérativement le changer ! La méthode ? Fixer un impôt pour les riches avec un taux égal entre tous les cantons, par conséquent, c’est la confédération qui déciderait de l’impôt à  fixer pour une petite partie de la population qui gagne plus que les autres. Et le but, c’est de saigner au maximum ces riches gens dont personne ne veut ! Pour être précis, c’est 0.68% de la population qui sera touchée (les salaires de > 250’000CHF/année). Malheureusement, les socialistes ont oublié que cette infime partie de population paie déjà  beaucoup d’impôts, et que derrière ces 0.68% se cache 35% de l’entier des recettes fiscales du pays ! En gros, si les riches du pays décident d’aller payer leurs impôts ailleurs (Costa Rica par exemple) et bien il y aurait une baisse de 35% d’arrivée d’argent dans les caisses des cantons. Soit, un appauvrissement général. Concrètement, jamais l’entier de ces personnes aisées ne quitteraient la Suisse du jour au lendemain, mais une tendance à  gentiment quitter le pays pourrait s’installer. Au final, la baisse des recettes fiscales nécessiteraient une augmentation des impôts pour tous. Mais plus que les classes moyennes, ce sont principalement les pauvres qui vont trinquer. Et c’est là  où réside le principal danger d’un OUI pour cette initiative. C’est une contradiction du PS qui démontre une haine aveugle contre les plus riches sans penser aux classes moyennes ou aux plus défavorisés.

 

Un argument non-moins important est aussi celui des différences géographiques entre les cantons. Il est évident que Genève a de nombreux avantages non-fiscaux (tel qu’un aéroport international par exemple) que Vaud ne possède pas. Par conséquent, la fiscalité vaudoise est un bon outil pour attirer des gens ou entreprises. Évidemment, c’est un exemple qui n’est pas des plus frappants. Mais qu’en est-il de Zürich contre Schwyz ? Est-ce qu’en dehors de sa fiscalité Schwyz pourrait encourager une entreprise ou un particulier à  venir s’installer dans ses montagnes ? La réponse est évidemment non. Et encore une fois, Schwyz à  grandement besoin de cette infime partie de la population qui lui finance 35% de ses recettes. Que ferions nous si des cantons tombaient dans une pauvreté alarmante d’ici quelques années ? Qui paierait ? Es ce bien raisonnable de vouloir suivre l’exemple de l’UE avec des pays en faillites ? Il faut penser vaste, il faut penser à  toutes les classes, et il faut se rappeler que c’est grâce (entre autres) au système actuel qu’on possède le plus haut pouvoir d’achat de toute la planète.