Culture | 19.11.2010

Les prix Goncourt et Renaudot…

Texte de Iskandar Elbaal
Point de vue "objectif" sur les lauréats de ces deux concours
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Cette année encore, les prix Goncourt et Renaudot ont été attribués à  des auteurs de bas étage. Cette critique n’a rien de personnel, elle est le fruit de nombreuses réactions et commentaires de toutes parts.

Pas une seule personne, à  part ses propres lecteurs, pour défendre Michel Houellebecq. Et encore, même ceux-ci avouent que La Carte et le Territoire constitue son pire ouvrage depuis bien des années. Outre son sarkozysme et son anti-islamisme affichés et proclamés, Michel a habitué son lectorat à  des histoires déprimantes, moroses, mais ni créatrices, ni même destructrices. Bref, pas une once de génie.

La lauréate du prix Renaudot, elle, était encore presque inconnue. Normal. Tout le monde s’accorde à  qualifier le dernier roman de Virginie Despentes, tout comme les précédents, de pseudo trash, directement destiné au monde de la culture, gauchiste de base. L’ayant moi-même feuilleté en vitesse, je n’ai pas réussi à  trouver une page sans les mots « chatte », « suce » ou « sein ». Certains forums proposent déjà  mieux dans le genre.

Si les deux prix se sont donc, comme presque chaque année, ridiculisés, il est à  noter que le Renaudot a quand même retenu dans sa dernière sélection un ovni littéraire : L’Homme qui arrêta d’écrire, de Marc-Edouard Nabe. La particularité de ce roman, outre le talent d’écriture de l’auteur, est perceptible sur la couverture vierge de toute logo de maison d’édition : l’auteur s’est autoédité ! Privé depuis plusieurs années de maison – il a même récupéré les droits de la plupart de ses ouvrages -, l’écrivain français s’est débarrassé de tous les intermédiaires rapaces : pas d’éditeur, pas d’engagé de promotion ; seuls restent l’écrivain, l’imprimeur, le distributeur et quelques amis. Au final, l’écrivain affirme récupérer 70% du prix du livre, contre moins de 10% pour la plupart de ses collègues, squatteurs chez Grasset, Gallimard et autres.

Mais Nabe n’est pas qu’un fin apothicaire ; sa plume, légère, se révèle toujours acerbe. Et il frappe juste. Ostracisé du monde des lettres depuis son apparition télévisée chez Bernard Pivot, en 1985 dans Apostrophes (où il fut frappé à  la fin de l’émission par le très consensuel Georges-Marc Benamou), Marc-Edouard Nabe est taxé tantôt d’extrémiste de droite, tantôt de gauche. Quelques mois après les attentats du 11-Septembre, il était alors l’un des seuls à  critiquer la politique américaine au Proche-Orient. Une posture qui paraît aujourd’hui banale, alors qu’elle était effrayante et huée en 2001.

Au final, ces résultats ne représentent que l’avis de quelques jurés mis, on le sait, sous la pression des grandes maisons d’édition, en guerre déclarée à  la course aux prix. Si le Goncourt s’est depuis toujours enterré, le Renaudot avait l’occasion de frapper fort à  nouveau, plus de septante ans après son attribution à  Louis-Ferdinand Céline. Raté.