Politique | 30.11.2010

Jeunes modèles

Texte de Eva Hirschi | Photos de Eva Hirschi
Les jeunes politiciens, de vrais modèles pour les "grands". Synergie : réussite à  tous les niveaux...
Photo: Eva Hirschi

Modèle pour les adultes

Lors de la Session des Jeunes auprès du Palais Fédéral, les pétitions des différents groupes sont votées. 200 jeunes ont attendu avec curiosité l’avis des autres sur leurs idées. Pour le groupe suisse-alémanique des « mineurs étrangers non accompagnés » cette journée va être une véritable surprise.

 

Les participants suisses allemands du groupe « mineurs étrangers non accompagnés » – bref « MNA » – ont demandé une accélération de la procédure d’asile, particulièrement du délai d’attente, pour améliorer la situation des jeunes migrants. Avant tout, l’incertitude de l’avenir pèse lourdement sur les demandeurs d’asile.

 

Ensemble au lieu de contre

« Ce qui rend spéciale notre pétition c’est qu’elle unit les idées de gauche jusqu’à  droite. Nous avons discuté fortement et nous avons trouvé un consensus. Ceux qui normalement sont assis dans cette salle du Conseil National peuvent en prendre de la graine », déclare un participant du groupe, Ueli Galli de l’Argovie.

 

Lors de la votation, la présidente de la Session des Jeunes annonce: «Ceux qui sont pour la pétition du groupe MNA, vous pouvez vous lever maintenant.» Presque toute la salle se lève, les jeunes se réjouissent et applaudissent avec enthousiasme, la majorité absolue est certaine. Mais ce n’est pas encore la fin de l’histoire, maintenant les voix contre le projet sont demandées. Silence. Et puis la grande surprise : tout le monde reste assis. Les jeunes n’en croient pas leurs yeux. Ils commencent à  réaliser: personne n’est contre leur projet. Tout d’un coup, la salle se lève d’un bond, tous les jeunes applaudissent et tombent dans les bras l’un de l’autre. Quel succès !

 

Discussions de ping-pong

« Au début c’était un véritable jeu de ping-pong lors duquel le ballon était joué de la gauche jusqu’à  la droite. Il y a avait des discussions chaudes ! », explique Ueli Galli, 21 ans. Pendant que les gauchistes se seraient focalisés sur l’habitation, la nourriture et l’aide directe pour les MNA, les jeunes de droite ont fait appel à  l’accélération de la procédure d’asile pour éviter un abus du droit de rester provisoirement par des chercheurs d’asile indus. Finalement, on a trouvé un compromis qui ne portait aucune atteinte à  la qualité de la pétition.

 

À cause de la synergie trouvée le groupe était convaincu de son projet. Mais qu’il serait adopté sans opposition, on ne pouvait en être sûrs. C’est le « sentiment d’union » qui submerge, dit Rodî Tyber de Bâle. « Et je sais qu’encore plus est possible ! » Pour le jeune de 17 ans, c’est l’évidence que la politique n’est pas seulement un jeu de force mais qu’elle peut aussi mener à  des solutions constructives. Irian Nathan, aussi participant de ce groupe, est convaincu que la présence des deux MNA dans le groupe a eu un impact considérable. « Ils n’ont même pas donné leurs avis, mais ils nous ont raconté leur histoire. Nous étions très touchés. », dit le bâlois de 17 ans.

 

Il ne nous reste plus qu’à  espérer que les politiciens de gauche et de droite se penchent sur la pétition et qu’ils votent – si possible à  l’unanimité – aussi pour la pétition.