27.11.2010

Direction Athènes

Texte de Kevin Buthey
Athènes est une ville qu'on imagine couverte de vestiges d'une ancienne civilisation, où l'esprit de la Grèce antique persiste malgré tout. Pourtant, une fois sur place, presque tout ce qu'on avait imaginé disparaît. Tout d'abord, on se laisse intriguer par la ville, mais plus on y prête attention, plus on remarque que cette cité ressemble ni plus ni moins à  une ville d'Afrique du nord.
© Kevin Buthey

Il y a quelques temps en Suisse, on entendait sonner l’alarme de la crise. La Grèce a été une des victimes européennes les plus touchées par cela. Il n’y a pas si longtemps, tout le pays était en faillite. Mais heureusement, cette crise semble ne pas s’être trop attardée en Suisse, alors les Helvètes n’ont pas gardé ça trop longtemps en mémoire.

 

Mais au fond, qu’est-ce qu’un pays en crise ? Chômage, perte de pouvoir d’achat, problèmes de logement, et j’en passe. Des exemples clairs, mais qui restent pourtant très éloignés de notre quotidien, et ne sont pas si évidents pour l’imagination des personnes qui n’ont pas été touchées. Cependant, une visite de l’Athènes d’aujourd’hui suffit à  se représenter les catastrophes qui incombent à  la crise. Les rues sont dans un tel état qu’il est parfois difficile de comprendre comment les véhicules réussissent à  circuler. Les murs sont couverts de graffitis, et les seuls épargnés sont ceux des magasins qui ont encore une image à  entretenir, ce qui équivaut à  un très petit nombre. Même les lieux touristiques sont comme laissés à  l’abandon, on y trouve des ruines couvertes d’échafaudages et de grues qui semblent ne pas avoir bougé depuis aussi longtemps que les vestiges présents.

 

Tristement, la visite de cette ville rappelle une misère terrible, visible, mais qui pourrait être bien pire. Pourtant, la population reste très accueillante. Le contact est facile à  faire et le sourire est très souvent de la partie. Ce détail forme un paradoxe incroyable entre l’état de la ville et celui des esprits.

Quant aux monuments, ils sont tous simplement bluffants. Souvent, et malheureusement, il ne reste pas une pléiade de restes, mais le peu qui persiste laisse pantois, et ne peut qu’imaginer la magnificence de l’ancienne Grèce. Le plus mémorable, est sans aucun doute le Parthénon. En lui-même, l’édifice est incroyable et laisse admiratif. Et lorsqu’on détourne les yeux de cette splendeur, la vue depuis les hauteurs de la colline nous plonge sur la presque totalité d’Athènes et c’est éblouissant.

 

Au final, le retour est un peu difficile car on ne sait pas quoi penser, la joie d’avoir pu côtoyer de si beaux monuments se mélange à  la tristesse d’avoir vu la réalité de la crise. Une fois en Suisse, face à  l’abondance, on ne peut que réaliser notre chance. Bien sûr la Grèce n’est pas un pas du tiers-monde, mais un simple petit voyage là -bas nous fait voir la Suisse différement.

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