Culture | 20.09.2010

Label Suisse

Entre deux concerts, Laurant Pavia, programmateur du Label Suisse, a accepté de répondre aux questions de Tink.ch.
Laurant Pavia

Quelles étaient vos attentes pour cette édition 2010 ?

Le plus important à  mes yeux étaient que les artistes suisses aient une grande visibilité par rapport au public et qu’ils soient heureux de participer à  cette édition ainsi que de la programmation des concerts. Les remerciements de Pascal Oberson (qui a participé à  la soirée Bashung) concernant la mise à  disposition de toute une infrastructure et la possibilité de faire des projets spéciaux via Label Suisse montrent que l’objectif est atteint.

 

Quelle est la particularité de cette 4e édition ?

La particularité est que c’est un festival urbain gratuit et centré sur le cŠ«ur de Lausanne. En 2008, il y avait une scène à  la place de la Riponne donc cette année nous avons concentré la manifestation de part et d’autres des arches du grand pont. Dans chaque édition, on a une scène qui n’existait pas à  la précédente édition. Cette année, c’est la place centrale.

 

Votre coup de cŠ«ur cette année ?

C’est Heidi Happy et l’orchestre de chambre de Lausanne qui est une des trois créations de Label Suisse. On réussit à  faire collaborer un orchestre de musique classique et une chanteuse lucernoise et le résultat est sublime entre cet univers pop-rock et la musique classique.

 

Quels sont les critères pour qu’un artiste suisse puisse s’illustrer au label suisse ?

Le point principal est que les artistes présents au Label Suisse ont été diffusés sur une des chaînes radios de la RSR. Actuellement, à  peu près un artiste sur cinq retransmis par la RSR est Suisse. On suit ainsi une certaine logique, on ne peut pas défendre un artiste au Label Suisse et ne pas le diffuser sur nos antennes.

Ensuite, je travaille avec les producteurs musicaux des différentes chaînes de radio comme Gérard Sutter (radio paradiso), Yvan Ischer (l’émission Jazz sur espace 2) qui me proposent leur coup de cŠ«ur. Grâce à  leurs émissions à  l’année, ils me présentent des artistes qui veulent mettre en avant plutôt que d’autres dans l’univers Jazz, par exemple. Au final, c’est un comité de programmation élargi qui fait qu’on se retrouve avec ces artistes qui sont sélectionnés par les producteurs musicaux de la radio.

 

Tous les artistes sont-ils suisses ?

Non. Tous les artistes de chaque groupe ne sont pas Suisses mais ils ont tous un contact plus ou moins direct avec les différentes chaînes radio de la RSR.

 

Quels sont vos projets pour améliorer cette manifestation pour les années à  venir ?

Nous avons la volonté que le Label Suisse puisse continuer d’avoir lieu tous les deux ans afin de montrer toute la richesse et la qualité de la scène suisse. J’ai également le souhait de voir la musique suisse s’exporter encore davantage à  l’étranger et que cette manifestation poursuive son développement régulier.

 

Pensez-vous que les artistes suisses sont assez soutenus ?

Clairement, non. Je pense que la Confédération doit leur apporter davantage de soutien notamment financier. Ce soutien ne doit pas seulement se faire au niveau des artistes mais aussi au niveau des labels. Parfois, il serait plus intéressant de donner une quantité d’argent plus importante à  un label plutôt que de petits montants à  plusieurs artistes séparément.

 

Quel conseil donneriez-vous à  un jeune artiste suisse qui souhaite percer dans ce milieu ?

Qu’il faut rien lâcher, travailler constamment sa musique, avoir une bonne dose de courage, de la volonté et chercher à  se construire un réseau dans ce milieu.