Culture | 08.08.2010

The kooks

Après déjà  trois jours de festivités déchainées, le Gurten Festival de Berne accueillait samedi soir, sur sa grande scène, le groupe de rock anglais The Kooks.

 

Il faut admettre que, visiblement, chez certains groupes le talent est quelque chose d’inné. Le premier album est d’excellente qualité, le second est vraiment tout aussi bon…ainsi l’on découvre des formations atypiques, un peu décalées, qui ne ressemblent à  aucune autre ; des groupes qui ont ce petit quelque chose en plus, et dont on sent qu’ils sont appelés à  durer. Il parait que c’est comme ça que naissent les légendes…

 

Après une journée plutôt grise, la pluie n’ayant pourtant pas entaché la bonne humeur des festivaliers, il est 21h30 et nous sommes à  quelques minutes de voir les quatre boys de Brighton monter sur scène devant un public manifestement ravi de leur présence. La foule vibre et trépigne…Pour comprendre cet enthousiasme, il nous faut remonter un peu le temps pour nous plonger dans la success story du groupe. C’est en 2006 que les Kooks, après avoir été un simple groupe de reprise, commencent à  faire sérieusement parler d’eux avec leur premier album « Inside in/Inside out ». Ils décrochent carrément leur passeport pour la gloire avec le single « Ooh la », un petit bijou de mélancolie qui leur permet de chatouiller le haut des charts anglais : leur premier album est une réussite, plus d’un million d’exemplaires sont vendus au Royaume-Uni. Deux ans plus tard, lors de la sortie de « Konk », ils étaient évidemment attendus au tournant et n’ont pas déçu leur public, loin de là . Des mélodies toujours aussi efficaces, mais plus matures, une identité musicale encore plus affirmée, ils ont trouvé la recette et espérons qu’ils n’en changeront pas. Voilà  qui plante le décor ! Avec un troisième album en préparation, nous retrouvons donc en cette fin de journée nos petits Anglais au Gurten.

 

La question est simple : leur prestation a-t-elle été à  la hauteur de leur talent ? Eh bien…pas vraiment. Bien sûr leurs chansons sont excellentes et leurs mélodies entrainantes, mais un concert réussi est le fruit d’une alchimie compliquée et là , visiblement, tous les ingrédients n’étaient pas réunis. Malgré un public chaleureux et motivé le groupe est resté plutôt distant, laissant ainsi les fans les plus fervents sur leur faim. Comme l’a fait remarquer une spectatrice, le bassiste, pour une raison inconnue, a joué la majeure partie du concert…dos au public. Bien sûr, tout n’est pas noir, et ces Anglais ont du talent à  revendre. Les festivaliers ont donc pu se régaler de leurs plus gros tubes et l’ambiance atteignait son paroxysme lorsque les « Naive », « Always where I need to be » et autres « Do you wanna » faisaient danser le public. Petit moment de grâce quand Luke Pritchard, le chanteur, entonne avec une émotion non feinte le très beau morceau « Sway » …Les morceaux s’enchainent, parfois avec hésitation, peut-être les Kooks ont-ils eu du mal à  trouver leurs marques face à  ce public qui attendait tant d’eux ? Les dernières notes résonnent que déjà  ils s’évaporent en coulisses, saluant à  peine la foule qui en redemande. Le rappel ne viendra pas, et le public est un peu amer. Entre les murmures déconcertés et les visages un peu hagards, on comprend que c’est bel et bien fini.

 

Les Kooks n’ont peut-être pas encore trouvé la recette pour créer cette magie qui transforme un concert en triomphe ; mais ils sont si jeunes, si bons et si prometteurs, qu’on leur pardonne de bon cŠ«ur.