Culture | 28.08.2010

Love: Fin

Texte de Débora Alcaine
Durant l'été, découvrez trois histoires feuilletons écrites en relai par nos tinkers.

Linda agréablement surprise par ce « campagnard » scruta dans ses yeux et se dit que de se laisser aller le temps de boire un Coca-Cola ne pouvait pas faire de mal. Elle laissa tomber ses airs de grande dame du monde et redevint très vite la jeune fille souriante qu’elle avait été autrefois.

 

Paul la faisait rire avec son léger accent et ses blagues si paysannes, pas politiquement correctes mais ô combien tordantes ! Quel plaisir que de sentir soi-même, n’ayant pas peur qu’un paparazzi curieux vous prenne en flagrant délit de paix intérieure. Pour une fois depuis bien des années elle sentit quelque chose de particulier. C’était spécial… Pourquoi ? Elle n’en savait rien, elle se doutait bien de quelque chose mais tout cela était bien vague dans son esprit.

 

Il la raccompagna jusqu’à  chez ses parents en promettant de venir la chercher le lendemain pour une ballade matinale. Chose à  laquelle elle ne put s’empêcher de ne pas y croire, ce devait être comme le « je t’appelle » citadin, formule de politesse passe partout.

 

Linda passa le reste de la soirée très silencieuse, méconnaissable pour ces pauvres parents qui la regardaient avec des yeux ronds. Normalement elle aurait dû faire un speech interminable sur sa dernière Une ou le procès de son ex-mari… Mais rien ne se passa, silencieuse elle jouait avec sa nourriture, ne se concentrant absolument pas sur ce qu’il y avait dans son assiette mais plutôt par des souvenirs.

 

De son coté Paul ne gérait pas mieux la situation, il était déconcentré et un rien le faisait sursauter. Aussi décida-t-il qu’il terminerait la journée très tôt, vu son incapacité à  s’occuper de l’exploitation. Que pouvait-il bien lui trouver à  cette citadine habillée de marques imprononçables ? Elle avait un orgueil très mal placé, des faux ongles et autres accessoires déconcertants. Elle était en apparence si superficielle comme une couverture de magazine, une mauvaise blague… Pourtant dans sa voix il devinait un certain naturel, surtout dans ses yeux : il y avait une lueur époustouflante, quelque chose qui la rendait si belle. Que pouvait-il bien lui trouver ?

 

Le lendemain matin lorsqu’il vint la chercher, après avoir attendu une demi-heure (le temps que Madame se prépare) il sentit que quelque chose s’était déclenchée dès le premier regard. Un sentiment partagé par Linda aussi qui avait bien du mal à  maintenir ses distances, tout aurait dû lui déplaire chez un homme comme lui. Tout. Absolument tout. C’était la différence qui la faisait craquer, elle détestait se sentir si peu maître de soi-même. Cependant là  pour ce cas bien précis, elle n’y pouvait rien. Elle rigolait à  ses blagues parfois douteuses, ne se faisait pas prier afin de lui faire ses plus grands sourires et le dévorait des yeux.

 

Il ne fallut que d’une journée pour qu’ils deviennent amis, il ne fallut qu’une semaine pour qu’ils deviennent amants et il ne fallut qu’un mois pour qu’ils deviennent un seul être. Ils se complétaient. Quel changement radical ! Les cheveux de Linda étaient redevenus bruns acajou et ses yeux étaient plus brillants depuis qu’ils n’étaient plus cernés par trois tonnes de maquillage.

 

Elle avait retrouvé un naturel qui lui allait si bien, elle ne pouvait croire que le temps lui était compté, les instants de bonheur s’en iraient. Rien que d’y penser son cŠ«ur se brisait, sa gorge se séchait et elle ne pouvait croire que tout allait se finir. Un contrat qui l’attendait, fatidique, inespéré pour sa carrière mais l’assassin d’une si belle histoire.

 

Le jour J arriva ponctuel. La promesse qu’ils se firent de se retrouver aussi vite que possible en gravant leurs deux noms sur un arbre isolé… Les adieux émouvants et les larmes versées… Rien n’y fit, que c’était douloureux que de se quitter ainsi… Linda n’avait pas envie de partir de Moudon, elle faisait ses valises à  contre cŠ«ur…