Culture | 08.08.2010

Amy Macdonald

Pouvait-on rêver mieux pour clôturer en beauté l'édition 2010 du Gurten Festival de Berne ?

Au terme de quatre jours de folles festivités, l’écossaise Amy Macdonald a offert aux festivaliers un show d’une très grande qualité. Une belle récompense pour le public suisse qui a d’ores et déjà  hissé son nouvel opus, « A curious thing », au rang de double disque de platine.

Est-il encore nécessaire de présenter cette jeune artiste qui, depuis maintenant trois ans, inonde les bacs de tubes plus géniaux les uns que les autres ? Juste pour le plaisir, rappelons-nous un peu son parcours. Celle qui depuis l’âge de 15 ans gardait bien au chaud les chansons écrites et composées par ses soins se retrouve en 2007 sur les rails de la célébrité à  la sortie de son single « This is the life », qui rencontre un succès aussi retentissant qu’inattendu. Quels sont les ingrédients de ce succès, on ne saurait trop le dire. Sans doute cette  voix, grave et frissonnante, si atypique qu’on tend immanquablement l’oreille. Mais la musique d’Amy Macdonald est avant tout une atmosphère ; après avoir suivi les péripéties d’un esprit adolescent dans un premier album (elle avoue sur scène avoir écrit « This is the life » au terme d’une nuit blanche entre amis, trop arrosée mais visiblement inspiratrice), on fait connaissance à  travers son second opus avec une jeune femme sensible et accomplie, au regard désabusé mais pertinent.

C’est donc cette jeune femme, humble et si souriante, qui a mis le feu au Gurten dimanche soir, devant 20000 personnes reprenant en cŠ«ur ses chansons. Epique ! Et surprenant, lorsque onze musiciens en kilt et cornemuses entonnent une introduction très scottish. Jouissif, quand sur « Mr Rock’n’roll » d’énormes ballons de baudruche sont jetés dans la foule qui chante, et danse, et saute. Emouvant, quand Amy fredonne les paroles de « What happiness means to me » devant un public tant silencieux que subjugué. Et elle ne fait pas que chanter : elle parle, aussi ! Beaucoup. Entre deux chansons, elle remercie, applaudit, raconte des anecdotes et se livre, tant et si bien qu’on se sent finalement comme à  la maison, entre potes. Lorsque, là  où tant autre se sont désistés, l’Ecossaise nous offre un rappel, c’est l’explosion de joie : d’abord intimiste, elle gratifie le public d’une reprise du « Born to run » de Bruce Springsteen avec pour instruments sa seule guitare et sa voix ; enfin, Amy et ses musiciens, dont il faut saluer les performances, mettent un point d’orgue au show avec le très efficace « Let’s start a band » qui déchaine la foule une dernière fois. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin ; la jeune femme disparait, et le charme est rompu. Jusqu’au prochain concert…

La performance de la jeune artiste était ce jour-là  tout simplement le reflet de son talent. Le public du Gurten a pu apprécier un concert tout en sourires, en énergie et en intimité avec la foule, aussi paradoxal que cela puisse paraitre. Pour résumer, Amy Macdonald on l’aime, parce qu’elle est auteur, compositeur et interprète ; parce qu’elle est touchante et souriante ; parce qu’on ne se lasse pas de ses chansons ; et parce que quand elle chante, on sent bien qu’elle y met toute son âme. Autant de raisons pour espérer qu’elle sera encore là  dans dix ans, à  nous ravir les oreilles…et le cŠ«ur.