Culture | 20.07.2010

Mardi au Paléo

Texte de Xavier Willemin
Si mardi, vous avez raté les excentriques de la Compagnie Midi 12 ou le concert de The Sound of Fridge, c'est par ici que ça se passe.
  • Compagnie Midi 12

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  • Compagnie Midi 12

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  • Compagnie Midi 12

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  • Maquillage à l'espace enfants Mielimélo

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  • Public au chapiteau durant Brigitte

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  • Qu'est-ce qu'on va voir?

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  • The Sound of Fridge (le Détour)

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  • The Sound of Fridge (le Détour)

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  • The Sound of Fridge (le Détour)

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  • The Sound of Fridge (le Détour)

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  • The Sound of Fridge (le Détour)

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  • The Sound of Fridge (le Détour)

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  • The Sound of Fridge (le Détour)

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  • The Sound of Fridge (le Détour)

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Il est évident que beaucoup de jeunes apprentis ne peuvent pas se permettre d’assister à  de tels événements en semaine étant donné qu’ils travaillent et/ou n’ont pas d’argent. Les articles qui vont suivre s’adressent donc à  cette catégorie de frustrés, ou à  ceux qui ont préférés les plages de sable blanc aux guitares électriques déchirant le ciel.

 

La première chose qui frappe dans l’enceinte du festival est l’omniprésence de stands de nourriture. Que ce soit dans le quartier latin, oriental, suisse ou au Village du monde, tout est fait pour contenter notre estomac émoussé par les bécibels. J’ai tout de même mis 20 minutes pour trouver un stand de churros ( je devais pas être très réveillé, il en avait deux… ). Des tartines géantes ont aussi beaucoup de succès auprès des festivaliers qui se ruent sur les garnitures à  choix.

 

On remarque aussi beaucoup de personnes handicapées qui ont enfin la possibilité de faire la fête comme tout le monde. Touts les accès sont très bien aménagés pour les personnes à  mobilité réduite. Ils ont même de meilleurs places de concert que nous. Quant aux jambes cassées, tout le monde s’écartent pour les laisser passer dans la cohue. C’est le bon plan finalement de se trimballer en chaise roulante ou de marcher avec des béquilles.

 

Tout est aussi fait pour respecter un minimum l’environnement et de nombreuses entreprises viennent faire leur promo au Paléo, point de ralliement mythique en Suisse romande. J’ai aussi remarqué une grande différence de mentalité vis-à -vis de l’alcool entre le Balélec et le Paléo. Je n’ai vu aucune personne vomissant ses boyaux à  L’Asse, alors qu’à  l’inverse, à  l’EPFL, c’est extrêmement courant. Preuve, je pense, que chaque festival a son propre public.

 

Une des choses emblématiques et incontournables du Paléo est le Village du monde dont l’Afrique australe est la région à  découvrir en cette 35ème édition. De la musique traditionnelle, tribale suivant les artistes, s’échappe du Dôme au rythme de percussions diverses et variées telles que congas, timbalès ou autres instruments à  claviers. Tout est réellement mis en place pour s’y croire à  fond : le décors, le maquillage indigène et les instruments ramenés directement du pays. Rien ne vaut cependant un voyage pour apprécier cette musique à  sa juste valeur.

 

Mais ce sont les concerts qui vous intéressent. Voilà  donc le planning de la soirée : N*E*R*D, Ärtonwall, Private Garden, Gush, Motörhead et un peu de NTM ( je me suis sacrifié pour vous, je n’aime pas le rap ). Soirée parfaite en somme !

 

N*E*R*D a vraiment mis le feu au Paléo pour une ambiance de folie tout au long de la soirée. Le show est assuré avec deux danseuses sur des strapontins aux extrémités de la scène qui n’hésitent pas à  se lâcher pour faire baver les mecs du premier rang. A la demande de Pharrell Williams ( le chanteur principal ), une fille dans le public a eu le droit de monter sur scène pour danser avec lui et ne s’est pas gênée de se trémousser avec les autres danseuses officielles. Il ne faudra pas attendre longtemps avant qu’un troupeau de femmes en chaleur la rejoigne en fin de concert. Mais le plus drôle a été quand le chanteur nous a demandé de dire bonjour au soleil qui brillait à  son aise, sans nuages pour jouer les troubles fête. « Everybody say hello to the sun ! » Tout le monde a donc pivoté de 45° sur sa droite pour faire face au soleil, le saluer de la main et crier : « Hello, the sun ! »

 

Ärtonwall, groupe de la région lausannoise, a ensuite fait bouger le Club Tent avec du vrai rock. Mais pas tout seul ! Un pianiste de jazz, Malcolm Braff s’est joint à  eux. Du gros son, quoi. Que du bon pour sauter en rythme et en osmose avec la foule. Mais pour ce concert, je vous renvoie à  l’article de Camille.

 

J’ai ensuite laissé tomber Iggy and the Stooges pour Private Garden, groupe local qu’il fallait bien soutenir dans leur folle concurrence avec le groupe de Détroit. C’est d’ailleurs un groupe que tu connais, toi, internaute lisant fidèlement Tink tous les samedi matin ! Leur voie est déjà  sur le site, en interview, pas besoin de me répéter, si ce n’est pour dire leur musique psychédélique et new wave a convaincu le faible public présent. La sortie de scène s’est faite tout en larsen de guitare parfaitement maîtrisé pour revenir avec une pile de leur unique album Tempest à  distribuer.

 

Gush, petit groupe familial ( au sens propre ) sympa influencé par les années 70 a l’apparence physique des Beatles, apprend même les paroles de ses chansons au public et fait le show en se servant de nous. Les musiciens ont tous un micro et jouent presque tous de la guitare. Ils n’hésitent pas non plus a s’entasser autour d’un micro pour mêler leurs harmonies à  la source.

 

Ensuite vient du lourd ! Motörhead avec Lemmy Kilmister ( chanteur et bassiste du trio ) qui a fait tout le concert la tête vers le ciel, les yeux fermés. Ou encore Mikkey Dee qui a cassé la baraque ( comme on dit dans le jargon ) lors de son légendaire solo de batterie durant lequel il a vidé son stock de baguette en pluie sur la scène en les lançant une par une à  la suite. Impressionnant aussi les deux panaches de fumée blanche bien dense qui se sont échappés de la scène pour grattouiller les structures métalliques à  plus de 4 mètres.

 

NTM a finalement enfin donné son concert au Paléo après l’année précédente où il avait été annulé. Devant plus de 50’000 personnes d’après les organisateurs ( et oui, je ne me suis pas amusé à  les compter ! ), JoeyStarr, Hool Shen et le reste de la troupe ont assuré le show en se baladant souvent sur les bords de la scène. Un discours très pertinent qu’ils ont tenu mardi soir en parlant, entre autre, de racisme et des banlieues françaises.

 

Soirée de rêve donc. Rendez-vous jeudi avec moi pour une soirée légèrement plus tranquille.

 

Xavier Willemin