Culture | 16.07.2010

Love : 2ème partie

Durant l'été, découvrez trois histoires feuilletons écrites en relai par nos tinkers.

Linda regarda le jeune homme, dégoûtée. Elle soupira, avant de replonger le nez dans son magazine ; décidemment, tout se passait très mal. Les hommes, dans le monde de la mode, dans cette haute sphère de la beauté et de la subtilité, étaient tous tellement plus délicats, leur conversation était tellement plus intéressante que celle de ce paysan !

 

Mais il y en avait aussi, des salops, là  bas. Son mari, cet homme qui l’avait perdue et ruinée pour rien, remplacée comme un vêtement sale par un autre mannequin, plus jeune, plus prometteuse. A ces souvenirs, Linda regarda le paysage terne d’un air désabusé, tandis que le campagnard devant elle l’observait silencieusement. L’envie de tirer la sonnette d’alarme pour arrêter le train, de s’enfuir avec ses valises et de retrouver au plus vite le monde merveilleux des podiums et des shootings photos l’assaillait. Et pourtant, c’était finit, bel et bien finit. Elle devait se faire une raison.

 

Le train régio, ô combien confortable, crissa longuement avant de s’arrêter en une brutale secousse, tandis qu’une voix de pimbêche insupportable rappela à  la jeune femme son sinistre destin : Moudon. Tout en se levant sans le moindre enthousiasme, la jeune femme leva les yeux vers le porte-bagages au dessus d’elle. Ses valises n’y étaient plus ! Elle sursauta, avant de remarquer en face d’elle le campagnard, ses 3 valises hors de prix à  la main. D’un sourire, il lui proposa de porter ses affaires jusque chez elle. Agréablement surprise, Linda accepta d’un hochement de tête hautain. Ce sentiment de satisfaction s’estompa à  la vue du chemin boueux qui devait la conduire à  la maison de ses parents. L’idée de salir ses magnifiques hauts l’écŠ«ura, et elle s’immobilisa net.

 

Son porteur lui ne s’arrêta pas ; tout juste se retourna-t-il pour lui lancer un regard moqueur. Piquée au vif, la jeune femme s’empourpra, ôta ses chaussures, et le suivit d’un pas décidé. Alors le jeune homme lui lança, riant :

vous êtes très jolie lorsque vous vous mettez en colère, vous savez ?!