Culture | 22.07.2010

Jeudi au Paléo

Texte de Xavier Willemin
Toute la semaine, des Tinkers scouatent le Paléo pour vous offrir leurs impressions.

Après une soirée rock intensive mardi, j’y retourne pour un peu plus de tranquillité et de romantisme. Autant dire la soirée pour les vieux à  première vue. Mais à  bien y regarder de bons groupes jeunes tels que Milow sont au rendez vous.

 

En cette deuxième et dernière journée de Paléo pour moi, le contraste est saisissant avec ma première expérience. Premièrement, la flotte démoralise et déprime tout le monde, y compris moi qui peste en regardant pour la nème fois le bulletin météo aux différents postes d’info. Mais l’ensemble des ondes négatives de l’enceinte du festival a du suffire à  faire déguerpir ces nuages récalcitrants, car plus une goutte n’a été ressentie après 20h. La Lune a même fait son apparition dans la soirée aux côtés de ses fidèles serviteurs : les étoiles, pour une soirée parfaite. Deuxièmement, malgré la fantastique programmation du 1er jour, beaucoup plus de monde était présent jeudi. Le Paléo perd-il donc son public jeune ? Ils n’aiment plus sauter dans un sauna de transpiration au milieu d’un foule en folie ? Il y a vraiment des traditions qui se perdent…

 

La soirée commence par Gaëtan Roussel avec sa guitare acoustique et ses musiciens. Notamment une saxophoniste baryton/ténor solo et de clap de main, dont il est très fier en la présentant. Cette fois-ci il se présente en solo, alors que nous avons l’habitude de le voir avec Louise Attaque ou Tarmac. Malgré les paroles en Français, très peu de gens ont réussi à  les retenir dans son premier album Ginger sorti récemment. La musique n’est pas moins divertissante et certaines rythmes sont vraiment motivants. Sa voie, contrairement à  d’autres concerts plus rock des scènes adjacentes, est bien posée et ressort distinctement. D’autre part, il est dommage que Gaëtan ne puisse pas jouer de sa guitare pendant la durée complète du concert car lorsque sa main droite ne gratte pas les cordes, elle ne peut s’empêcher de se tordre à  la manière d’un handicapé ou de donner le tempo à  ses musiciens… Plutôt désagréable en live en plus de la lumière bleu qui lui donnait une forte ressemblance avec James Cameron en se reflétant sur les nombreuses taches de rousseur qui couvrent son visage. Une grande découverte donc, mais attention aux surprises des concerts.

 

Vient ensuite l’incontournable de la soirée papy : Hugues ( Aufray pour ceux qui n’ont pas suivi ). Il ne nous intéresse donc pas, on passe. Non, je vais quand même vous en parler au cas où votre père est un grand fan et qu’il vous l’a transmise génétiquement. Je ne peux pas vous en dire beaucoup étant donné que la pluie m’a découragé d’aller faire le pingouin devant la grande scène en plein air, cependant le son est porté très loin par la foule et il est inévitable qu’il arrive à  nos oreilles, même dans le stand le plus éloigné. Les mélodies les plus connues ont bercé le Paléo et Hugues lui-même qui pouvait se reposer en laissant son public chanter à  sa place. Il a aussi raconté une petite histoire a capella sur Manhattan et Paris ( les deux seuls mots que j’ai capté avec pigeon aussi ). Bref, le public a été conquis, même si les guitares ont pris un peu l’eau avec le temps !

 

J’ai ensuite joué des coudes pour accéder au chapiteau où Milow chantait pour une heure de plaisir intense et d’émotions. La batterie toujours légère derrière le chanteur qui est incontestablement la source principale de l’attention. La musique est plutôt douce et le public ( surtout féminin ) n’hésite pas à  crier les paroles des refrains connus. Spécialement You don’t know et le célèbre Ayo technology ont fait fureur sous la grande tente accompagné à  la demande du chanteur par la lumière des téléphones portables dans une luminosité plus que tamisée. Milow nous a surpris en faisant une photo du public vu de la scène qui s’ajoute à  sa collection pour choisir le public le plus fou ! En milieu de concert, il s’est même sentit l’âme d’un cascadeur en sautant de la scène pour un petit bain de foule. Il n’a cependant eu aucune difficulté à  chanter avec toutes ses groupies accrochées à  ses bras ou sa chemise. Finalement, à  la fin du concert, ce sont plus les filles que la musique qui ont réduit mes oreilles en bouillie résonnant d’acouphènes. On ressort donc du concert avec une grosse nostalgie qui s’estompe vite lorsque Crosby, Stills & Nash entrent en scène.

 

Ils ont eu la grande scène pour eux tout seul pendant 1h30 pour nous épater avec leur pêche persistante. Crosby nous a grillé les tympans avec deux longues tenues puissantes de plus de 10 secondes pour bien montrer que leur âge a épargné leur voie. Malgré leurs nombreuses tentatives, les membres du groupe n’ont pas réussi à  faire chanter le nombreux public avec eux. Le niveau musical est malgré tout très élevé et le show est souvent entrecoupé de solos de longueur variable à  la guitare, à  l’orgue ou au piano. Une harmonica à  même fait son apparition sur scène à  la bouche de Nash.

 

Ma grande déception de la soirée concerne le concert d’Archive qui n’a pas répondu à  mes attentes pour un concert live. Le groupe convient très bien comme musique ambiance mais leur show était loin de m’avoir convaincu. Ennuyeux, long, pas très dynamique sur la longueur, loin d’avoir fait l’unanimité en ce qui me concerne.

 

On en termine pour la soirée avec Johnny Clegg, le Zoulou blanc comme les autres médias s’obstinent à  l’appeler, activiste sud-africain, il nous a servi un concert comme à  son habitude avec Asimbonanga. Musique plutôt traditionnel donc, rythmée et ouvert à  tous. Que du bonheur, même si on ne tient plus du tout sur ses jambes lorsqu’il est temps de rentrer chez soi… Pour une première pour moi, ce fût un Paléo de rêve en règle générale, à  refaire donc l’année prochaine.

 

Xavier Willemin