Culture | 19.06.2010

Vernissage à  l’Espace Arlaud

Texte de Joëlle Misson
Jeudi, le Musée de l'Elysée et l'Espace Arlaud accueillaient le vernissage de 4 nouvelles expositions.
© Joëlle Misson © Joëlle Misson © Nadav Kander, lauréat 2009 © Benoit Aquin, lauréat 2008 © Munem Wasif, commissionné 2008

Les lauréats du Prix Pictet

On voyait de tous côtés, hier, à  l’espace Arlaud, des costards-cravates blablatant art, un verre de rouge à  la main, leur badge visiblement et soigneusement accroché du côté gauche de leur complet, trop cher pour moi. Parmi ces dits badges, les plus remarquables (c’est-à -dire ceux que l’on remarque le plus) étaient ceux qui portaient l’inscription « Prix Pictet ».

En effet, le Musée de l’Elysée invite, pour son anniversaire – 25 ans, ça se fête! – le Prix Pictet, pour l’exposition des travaux de ses lauréats, réunis en une seule exposition.

 

Le Prix Pictet est le premier prix international de photographie dédié au développement durable. Ca veut dire quoi? Ca veut dire qu’il s’est fixé le but d’utiliser le «pouvoir» de la photo pour relever les problèmes des défis sociaux et environnementaux les plus pressants de ce millénaire. J’ai l’impression qu’on se fout de ma gueule. Pourquoi? Parce qu’en se pavanant dans un musée de 4 étages en jugeant bonne ou mauvaise la photo d’un homme qui se fait bouffer par les mouches, c’est pas, pour moi, relever les défis sociaux et environnementaux. Parce que donner 100.000 francs suisse au gagnant, c’est PAS relever les défis sociaux et environnementaux.

 

Dans un cadre purement photographique, le principe de fixer des thèmes comme «l’Eau» ou «la Terre», est, sans aucun doute, un travail qui n’aboutit qu’à  un résultat qu’on pourra qualifier d’une beauté non négligeable, et pour utiliser les mots de Robert Girardin « La photo est capable de tout esthétiser » Ben, oui, parce que la Terre est belle, vous ne le saviez pas? Sortez de la prison des grattes-ciels et vous verrez des paysages à  couper le souffle. C’est exactement ce que dit Kofi Annan, président du Prix Pictet « L’ensemble des photographies des finalistes du Prix Pictet mettent en lumière la beauté de la terre que nous partageons. » Petit bémol; « Mais elles exposent aussi les ravages, que de manière délibérée ou par négligence nous infligeons à  notre environnement. » Alors finalement elles représentent quoi ces photos? « Elles sont une célébration mais aussi un rappel à  l’ordre quant à  l’urgente nécessité de changer nos habitudes. » Soit.

 

Venons-en aux photographes maintenant. Benoit Aquin, originaire du Canada, est le lauréat du Prix Pictet en 2008 sur le thème de l’eau. Il a remporté sa petite cagnotte grâce à  sa série intitulée «Chinese Dust Bowl» qui représente la plus grande désertification de zones fertiles au monde. Ce photo-journaliste et photographe de paysage présente cette année au Musée Arlaud sa toute dernière et récente série sur Haïti. Le photographe commissionné de l’année 2008 s’appelle Munem Wasif. Cet originaire du Bangladesh présente sa série « Climate Refugee of Bangladesh », un témoignage des migrations qui découlent du surplus, ou manque d’eau dû au réchauffement de la planète.

 

Le lauréat du Prix Pictet 2009, c’est Nadav Kander, originaire d’Israël. « Yangtze, The Long River » suit les communautés chinoises le long de la rivière Yangzte; 6500 km de rivages et plus d’habitants que d’américains aux Etats-Unis. Mais ils sont déplacés en masse par le programme de développement actuel du gouvernement chinois. Ed Kashi,photographe commissionné de l’année 2009, rapporte, lui, un regard sur le désastre des exploitations pétrolières en Afrique avec sa série « Curse of the Black Gold : 50 Years of Oil in the Niger Delta ».

 

Le Musée de l’Elysée accueille également la suite de reGeneration (2005), s’intitulant tout simplement (ou tout bêtement?) reGeneration2. Cette exposition présente 80 jeunes photographes émergents et a pour but de s’intéresser à  ce que fait la jeunesse d’aujourd’hui en matière de photo. Le concours a été lancé dans 120 écoles d’art et le nombre de participants était d’environ 700 élèves.

 

Un des talents révélé dans cette expo en 2005, c’est Raphaël Dallaporta, qui présente son oeuvre « Protocole » rassemblant d’une part des images minutieuses de mines antipersonnel dans sa série « Antipersonnel », et d’une autre, des façades d’immeubles abritant de ces esclaves des temps modernes, des clandestins qu’on exploite, dans sa série « Esclavage domestique ». C’est joyeux tout ça.

 

Dernier vernissage, celui du « Musée de l’Elysée en affiches ». He oui, cela fait 25 ans que le Musée a pris ses aises à  Lausanne, et aujourd’hui, il revient sur les affiches qui ont contribué à  son histoire. Cela permet de rendre hommage à  Werner Jeker, graphiste pour la période 1985-2001 et Valérie Giroud depuis 2002.

 

 

 

Expositions

Les lauréats du Prix Pictet, 18.06-25.07.2010, Espace Arlaud, me-ve 12h-18h, sa-di 11h-17h

reGeneration2 19.06-26.09.2010, Musée de l’Elysée, ma-di 11h-18h

« Protocole », Raphaël Dallaporta, 18.06-25.07.2010, Espace Arlaud.

Le Musée de l’Elysée en affiches, 18.06-25.07.2010, Espace Arlaud.