Culture | 05.06.2010

Mika

Texte de Clara Skupien
No givin' up when you're young and you want some! La première soirée de Festi'neuch a eu lieu jeudi soir, dans une ambiance familiale et décontractée. C'est Mika qui a donné le coup d'envoi de ces quatre jours de musique, et il a placé la barre très haut!
(Photo Marie Guarino)

Pour la première fois dans l’histoire du festival, tous les billets ont été vendus, et ce grâce lui. Les fans venus nombreux n’ont pas été déçus, car le concert de l’artiste franco-libanais a été explosif… Irradiant d’énergie, Mika a enflammé la grande scène au bord du lac neuchâtelois, avec sa mise en scène soignée – tout de même un peu exagérée pour certains – et sa maîtrise parfaite de quatre octaves.

 

Pendant un peu plus d’une heure, le public a été promené dans un monde coloré et décalé, une sorte d’Alice au pays des merveilles moderne. Pas de potiche blondinette pour se dandiner à  côté de lui comme chez d’autres artistes, non, dans le monde pétillant de Mika, le batteur est une batteuse, on danse sur les pianos, et surtout, on ne s’arrête pas une seconde! Jamais!

 

Pourtant, lorsqu’on le voit backstage, l’artiste est absolument méconnaissable. Pas très grand, gringalet et tout timide, on s’attendrait à  voir sa silhouette androgyne disparaître tellement il paraît fragile. Lors de l’interview en direct sur couleur 3 qu’on pouvait suivre au stand de la radio, il tourne le dos aux quelques personnes qui l’observent, répond tout doucement, pour finalement se retourner et avouer qu’ «[il] est désolé, mais [qu’il a] «honte de parler de face».

 

Derrière la scène, après le concert, personne n’a le droit de l’approcher, des murs de securitas protègent son passage, et si on a le malheur de se trouver dans une zone protégée, des agents s’empressent d’obéir aux ordres et d’évacuer les journalistes curieux en leur ordonnant de «courir immédiatement». Comme si une bombe allait exploser…

 

En réalité, la bombe a plutôt explosé sur scène, car après le concert, c’est une ombre de Mika qui va s’échouer dans les loges. Avec ses musiciens à  l’accent so british, ils se reposent un quart d’heure avant de partir, en voiture finalement car on ne leur a pas accordé l’autorisation de venir en hélicoptère…

 

Au final, c’est donc un incroyable contraste entre les deux Mika – l’explosif que tout le monde connaît, et celui qu’on ne devrait pas voir, effacé et épuisé, complètement surprotégé. Comme en témoignent les bénévoles indispensables au bon déroulement du festival, il est en opposition totale avec les artistes locaux qui rigolent avec tout le monde et ne se prennent pas la tête…

 

Mais jeudi soir, c’est Mika qui a enflammé le public sur-enthousiasmé, et c’est lui qui a admiré le magnifique feu d’artifice qui a terminé cette première soirée festivalière, des étoiles plein les yeux. Emerveillé et épuisé, il avait vraiment l’air d’un petit garçon.

 

Mais quel petit garçon!