Culture | 05.06.2010

Les aventures du Sismics!

Texte de Joëlle Misson
Petit aperçu et compte-rendu de quelques expositions du Sismics Festival à  Sierre.
Affiche 2010. signée Ben.Entrée des Caves Tavelli"Les bonhommes de Cécile"Salle d'expo d' "Ils iront au jazz"Apercu du travail de Stephanie Meylan et Luz.

C’est avec joie que je me rends au Caves Tavelli, réjouie du nombre élevé d’expositions (19 en tout) qui vont s’ouvrir à  mes yeux. L’espace des Caves Tavelli, c’est l’endroit underground par excellence. Tellement underground que j’ai failli ne pas m’y retrouver dans ce tunnel labyrinthique. On avance, on observe, on sort…enfin on espère que l’on sort et il nous faut un temps de réflexion pour se rappeler par où l’on est entré.

 

Vendredi soir, le collectif Hécatombe vernissait Ils iront au jazz, dernière BD de Ben, aux Caves Tavelli, non loin de la gare, à  Sierre. Ben est graphiste, illustrateur et dessinateur pour le Matin, et c’est de lui qu’est signée l’affiche 2010 du Sismics. Invité d’honneur, en somme.

 

De ce fait, ce vernissage a fait l’objet de nombre de commentaires. Mais mes yeux réjouis ont vite été … déroutés. Ils iront au jazz, l’histoire d’un homme (en est-on sûr? Mi-homme, mi-chien peut-être? Soit.) trompettiste et, l’on suppose, un rien alcoolique, rencontre une clocharde, postée à  l’intérieur d’un carton. Ensemble, ils s’en vont (au jazz?) boire « un » verre… Ils se lient d’amitié (et plus si affinités) et alors que le ventre de madame gargouille, monsieur l’invite chez lui. Je n’ai pas besoin de vous cacher que manger n’est pas l’unique chose qu’ils feront. C’est là  que cette histoire, qui me déplaisait déjà  un tantinet par sa tendance à  encourager que l’alcool favorise les rencontres et surtout les ententes, a pris une tournure qui m’a crée un étrange sentiment de dégoût et de vulgarité.

 

 

J’ai cependant remarqué que, malgré une histoire qui peut sembler farfelue et peut-être parfois humoristique, la dernière image, en couleurs, montre une tristesse régnant entre ses deux personnages assis sur un banc. Une tristesse dont je trouverais la racine dans les illusions que ce monde offre à  travers diverses choses, explicites (ou implicites?) dans la BD de Ben ; l’alcool ou le sexe à  tire-à -la-rigole.

Sans remettre en question le talent de Ben, c’est l’image que je retiens de cette exposition; une bien triste réalité, malheureusement.

 

 

Et je poursuis mon chemin , ne sachant ce que je vais à  nouveau ressentir. « Les bonhommes de Cécile », c’est un coup de crayon excellent, coloré à  saturation pour une ambiance 60’s teintée de reflets rock&roll un brin destroy, ajoutés à  un style que je qualifierais de dessins pin-ups. Sa jeune auteur s’appelle Cécile Giovannini et est diplômée de l’Ecole Professionnelle d’Art Contemporain à  Saxon. En somme, un style d’image magnifique, posé sur un rouge éclatant, mais accompagné d’une lueur sombre. Il me semble que c’est cette étincelle de noir qui attire. Cette expo m’a attirée par l’incroyable qualité de dessin et pour cela je dirais: chapeau bas l’artiste! mais j’y ai toujours retrouvé une tristesse, dans les regards.

 

 

C’est difficile d’expliquer ce que j’ai ressenti à  la vue du Drozophile de Christian Humbert-Droz, dans l’exposition « Une mouche dans le poulailler« . Ce livre « malfaisant » que volent 3 garçons dans une librairie, et qui « sent bon ». Trois gosses qui se mettent à  sniffer divers solvants, trois gosses qui planent, foncdés jusqu’à  la moelle. Si la montée du trip du Drozophile en fait rire certains, il me fait plutôt penser à  un moyen de s’échapper d’une réalité trop étouffante… Moyen qui n’est, indubitablement, pas le bon…

 

 

Terminons enfin sur un assemblage de photos et de dessins, plaisants à  souhait, et esthétiquement sans commentaires! « Trois premiers morceaux sans flash » est l’oeuvre de de la photographe suisse Stéphanie Meylan et du dessinateur Luz. Ensemble, ils partent sur la route des concerts et festivals afin de figer le présent, tantôt dans la boîte à  image, tantôt sur papier. Le résultat final, mélange de croquis en mouvements et de photos, est juste incroyablement beau à  regarder. A voir!

 

 

C’est ravie de cette belle journée (très) ensoleillée, que je repars, mes petits yeux curieux étant toujours à  l’affût de nouvelles oeuvres à  se mettre sous … la pupille. Que ce soit bon, mauvais, choquant, ou dérangeant… l’art reste art, il est toujours intéressant ainsi que difficile à  définir, et il en faut pour tous les goûts!

 

 

Les expos du Sismics sont donc, somme toute, à  découvrir!

 

 

Links

  • Stephanie Meylan et Luz : http://www.stefmeluz.com
  • http://www.labophoto.ch
  • Cécile Giovannini: http://www.cecile-giovannini.blogspot.com
  • Programme du Sismics: http://www.sismics.ch/static_texts/17