Sport | 19.06.2010

Le bol d’or

Plus qu'une régate, une tradition : la 72ème édition du Bol d'Or Mirabaud a pris ses quartiers sur le Léman le week-end des 12 et 13 juin.

Bol d’Or 2010 : l’air du changement

Plus de 500 participants, allant de l’amateur averti aux grandes stars de la voile, ont fait le show pendant de longues heures. Que l’on soit à  terre ou embarqué, le spectacle est impressionnant. La vision d’un tel rassemblement de voiliers ne laisse jamais indifférent.

Cette année encore, un multicoque a pris la tête du classement. Le Ladycat, un Décision 35, a bouclé le parcours en 16 heures 49′. Revêtu d’un rose vif à  en faire mal, ce catamaran a la particularité d’être navigué par un équipage majoritairement féminin.

Dona Bertarelli, la sŠ«ur du fameux Ernesto, était à  la barre. Emmanuelle Rol, habitué des régates olympiques, se trouvait à  ses côtés en tant que co-skippeur. Morgane Gautier, Eliodie-Jane et Justine Mettraux faisaient également partie de l’équipe. Outre Arnaud Gavairon, notons la présence de Christian Wahl, ancien tacticien d’Alinghi. Recruté quelques jours avant la régate, il a été la clé de cette victoire et a grandement contribué au parcours du Ladycat.

Bertarelli, jeux olympiques, Alinghi… skippers professionnels, « formules 1 du Lac » (paroles de Michel Glaus, président du Bol d’Or) … cette régate reste-t-elle un évènement populaire ? Jean-Pierre, ancien loup de mer et de lac, se souvient des anciennes éditions : « Il y a 20 ans, mon équipe se plaçait 7ème au classement, avec un monocoque dont la valeur ne dépassait pas les 30’000 francs suisses !

Aujourd’hui, c’est devenu impossible… ». Certes, le Bol d’Or reste une régate de stratégie. Pourtant, au vu des moyens techniques à  disposition de skippers tels que Loïck Peyron ou Michel Desjoyeaux, il apparaît clairement que rivaliser avec de telles bêtes de course est devenu utopique.

Pourquoi s’acharner, régater année après année alors que le classement des dix premiers est connu d’avance ? Vincent, fidèle à  l’évènement, affiche clairement ses motivations : « Je participe pour le plaisir, comme un jogger court un marathon ».

Il faut dire que le Bol d’Or voit, depuis un certain temps déjà , se former des « régates dans la régate », à  l’image d’une poupée russe. Bien conscients de leur incapacité à  gagner, les participants lancent la compétition au sein des différentes classes ; ainsi, un Surprise se mesurera à  un concurrent de sa classe, sans prendre note des monstres lacustres qui filent loin, très loin devant eux…

Certes, le Bol d’Or n’est plus et ne redeviendra sans doute jamais ce qu’il était. Les navigateurs à  la recherche de gloire devront se contenter de régates plus modestes. De nos jours, ce n’est plus le dépassement de soi, ni la rage de vaincre qui priment, mais bien l’image d’un évènement surmédiatisé et, fort heureusement, le plaisir de naviguer.

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