Politique | 01.05.2010

« Pas d’heliski en Suisse ! »

Texte de Quentin Schwarz
Une vraie fausse bonne idée !

« Pas d’heliski en Suisse », c »est le nom de la pétition lancée par l’ATE [Association transports et environnement] soutenue par Pro Natura et le WWF.

Si l’idée semble être intéressante au premier coup d’Š«il, elle cache malheureusement une aberration grotesque qui résulte d’un manque de connaissance au sujet de l’aéronautique Suisse. L’ATE veut carrément interdire l’heliski, ainsi que fermer les places d’atterrissages en montagne à  l’intérieur et à  l’extérieur des réserves naturelles, et ce, sous divers prétextes plus ou moins fallacieux:

Tout d’abord, l’hélicoptère gênerait les animaux ! En réalité ils ne gênent pas plus les animaux qu’un randonneur de montagne. Je connais d’ailleurs peu de randonneurs qui ont la possibilité de gambader en raquettes aux côtés de bouquetins. Et pour les oiseaux ? Et bien vous aurez remarqué que nos amis à  plumes se fichent pas mal des machines volantes, pour vous en convaincre il vous suffit d’aller observer un aéroport quelques minutes, vous serez étonné ! Au sujet des réserves naturelles, l’hélicoptère ne gêne en rien ce milieu délicat, d’ailleurs l’aéroport de Zurich possède lui même une réserve naturelle entre ses pistes, bref, les petites bébêtes ne vont pas s’affoler devant un rotor.

Oh mais alors le bruit gêne les pauvres sportifs ! Ah, oui, il y a un tel nombre d’hélicoptère que l’on entend des vrombissements 24heures sur 24 ! C’est fou hein ?

Mais la réalité est un peu différente: A la vitesse où se déplacent ces machines la gêne sonore d’un passage d’hélicoptère est finalement très brève, et les 15’000 vols par année que mentionne l’ATE ne sont finalement que quelques secondes éparses qui ne gênent que ceux qui veulent bien l’entendre.

L’ironie de l’histoire c’est que les personnes qui semblent se plaindre des hélicoptères ce sont celles qui ont le plus de chances de faire appel à  eux pour être sauvées de la montagne.

Ah ! Voilà , on touche au problème ! Le sauvetage en montagne. La Suisse est le pays de l’hélicoptère par excellence, géographie oblige. Les hélicoptères sont principalement utilisés dans des missions de sauvetage, avec plusieurs milliers d’interventions annuelles, et bon nombre de « condamnés à  mort » sauvés par la voie des airs. Or pour ces opérations de sauvetage les pilotes engagés doivent avoir un nombre important d’heures de vol. Une heure de formation sur hélicoptère coûte cher, et le sauvetage en montagne demande un grand nombre d’heures d’expériences qui sont tout aussi coûteuses à  obtenir. Le moyen d’avoir des heures pas chère ? C’est de faire voler des passagers, principalement pour des vols de plaisances, baptêmes de l’air et activité en montagne tel que l’heliski. Et c’est grâce à  ça que la société finance la formation de ses sauveteurs des airs.

L’ATE a donc négligé le fait que ces vols sont nécessaires à  la formation et à  l’acquis d’expérience pour les futures pilotes de la garde aérienne Suisse. Si l’ATE veut supprimer l’heliski, libre à  eux de décrocher des millions pour des bourses dédiées à  la formation des pilotes [j’en serais le premier ravis !] afin de combler l’impossibilité légale de se former avec des coûts raisonnables. En outre, j’estime que la protection de notre population est plus importante que le bon vouloir de quelques personnes. S’attaquer à  l’hélicoptère est un alibi stupide et populaire à  l’encontre de gens ayant les moyens de se payer ce genre de loisir. L’ATE ferait mieux de s’occuper des stations de skis qui se permettent encore de créer des parking gigantesques, avec la pollution des automobiles que l’on devine.