Culture | 09.05.2010

Lyricson

Texte de Xavier Willemin
Tink.ch était au festival Balélec et est allé écouter le concert de Lyricson pour vous. Réactions, à  chaud, d'un reporter.
Source image : reggaefrance.com

Je me suis rendu pour vous vendredi soir au festival Balelec. Après une bonne journée de sommeil, me voilà  apte à  écrire mon compte rendu… Peut-être que ceux qui y sont allés reconnaîtrons dans mes mots l’état d’esprit de ce festival. Pour les autres, installez-vous confortablement, votre ordinateur sur les genoux et laissez vous porter.

Le titre de mon article ne vous aide probablement pas sur le sujet précis que je vais traiter. Si vous n’êtes pas du genre à  être complètement out tous les week-end avec un bon joint, il y a peu de chance que vous connaissiez cet artiste. N’allez pas comprendre que je fais partie de ces gens-là , ce n’est pas du tout mon genre ! Pourtant, me baladant avec des connaissances sur le site du festival, j’ai entendu une musique bien sympathique et motivante : du reggae.

Le concert venait de débuter et il était encore possible de s’avancer dans la foule – plutôt éparse – pour voir quelque chose. Sur scène, un DJ qui met du son sur lequel Soulemane Boukara ( aka Lyricson ) chante. Sur la droite, un ingénieur du son galère avec la multitude de pistes qu’il a à  régler. En effet, pas d’instrument électrique, mais un DJ exigeant avec l’équilibrage du son – notamment pour ses basses. Et c’est réussi ! Lyricson alterne entre balade plutôt tranquille et gros son bien rythmé. Dans le deuxième cas, les caissons de basses soufflent avec une telle puissance que notre cage thoracique se retrouve littéralement comprimée. Avec ça, impossible de ne pas sautiller à  chaque woum ressenti.

En plus de ces traditionnels sautillements, le fameux levé, puis, balancé du bras. Pratique à  laquelle je me suis volontiers initié. Elle consiste premièrement à  sortir la main du bain de foule. Ensuite, il suffit de la balancer de haut en bas ( en tâchant de ne pas assommer les personnes alentours ) son bras tendu avec la main bien ouverte. Ce dernier détail paraît insignifiant mais il a toute son importance. Au début, je jetais ma main le poing fermé avec l’index pointé vers le ciel. Fail ! Ce sont mes habitudes de dance/house qui m’ont rattrapées.

Je vais maintenant vous faire une brève description de l’artiste qu’est Lyricson. Il est né en Guinée mais a du rapidement émigrer au Libéria à  cause de la guerre civile. Ensuite, son père l’a emmener aux USA. C’est alors qu’il s’est réfugié chez un ami partisan qu’il a découvert le mouvement rasta, car il en avait marre des différends avec les autres. Il a notamment chanté avec son cousin dans le groupe Assassin et avec Manu Chao. Il fait parti du Black United Crew, un mouvement notoire de reggae.

Je l’ai trouvé plutôt sympathique à  première vue. Il est descendu de scène à  la fin de son concert pour serrer quelques mains et a même fait monter deux fans sur scène qu’il a ensuite confié au soin de son manageur. Il est pourtant pas mal critiqué sur Facebook pour ces attitudes de starlette, spécialement lors de son dernier concert en Allemagne. Des commentaires comme quoi son comportement était insupportable.

Il a aussi sorti trois albums depuis le début de sa carrière et est actuellement en tournée mondiale. Un de ses titres le plus connu est Night and Day. Il n’a pas manqué à  l’appel lors de la soirée, mais ne l’a pas allongée comme nous aurions pu l’espérer. J’ai remarqué que les spectateurs n’étaient pas des fans incontestés de l’artiste mais des mélomanes comme moi. En effet, lorsque Lyricson demandait au public de chanter avec lui, nous chantions la mélodie sur lalala !

Ce concert était vraiment dynamique avec un public très chaleureux bien que complètement bourré et drogué, pour certains. Vers la fin du concert, à  côté de moi, un petit groupe d’une dizaine de personne s’est formé en une ronde pas très régulière et ont commencé à  sauter sur place bras dessus, bras dessous. Voyant la catastrophe arriver, un grand vide s’est formé autour d’eux et les quelques braves courageux se sont faits écrasés… Quelques autres excentriques lançaient des objets en l’air pour se faire voir de leurs amis ailleurs dans la foule. Nous pouvions voir voler, par exemple, des parapluies ouverts ou des chaussures.

La soirée a donc été mémorable et j’espère avoir l’occasion de réitérer l’expérience l’année prochaine. Je vous donne à  présent rendez-vous la semaine prochaine pour le Long’I’Rock festival, à  Longirod.

Le Myspace de Lyricson

Xavier Willemin