Sport | 15.05.2010

Les blagues du cyclisme

Entre fiction et réalité, entre humilité et arrogance, la frontière est mince. Si mince que parfois, le public se perd dans les déclarations des sportifs. Les exemples les plus frappants viennent du cyclisme qui tournent en une immense farce.

Ces derniers jours, les révélations et les scandales liés à  des affaires de dopage ont fusé dans le milieu du cyclisme. On avait pensé, rêvé que ces problèmes cesseraient un jour, qu’on arrêterait d’avoir des soupçons sur les cyclistes et bien c’est raté.

L’utopie d’un cyclisme propre prend forme lorsqu’on observe le retour victorieux d’anciens dopés au sein du peloton et qui laisse le pubic dubitatif. L’exemple le plus marquant est à  mettre au crédit de Vinokourov, accusé de dopage en 2007 et qui a effectué un retour tonitruant.  Porteur du maillot rose lors de la quatrième étape du Giro et vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, ses performances actuelles rivalisent avec son passé de tricheur. Ce cas loin d’être isolé à  l’instar des Basso ou autre Ricco offre deux possibilités qui peuvent expliquer ces situations : soit le dopage n’améliore pas les performances soit l’athlète continue à  se doper en toute impunité.

Le passeport biologique

On pensait qu’il résoudrait tous les problèmes de dopage. Finalement, on se rend compte qu’il instaure plus un climat de doute que de confiance. En effet, les tests antidopage classiques résultaient d’un contrôle direct sur le coureur en lui prélevant de l’urine et du sang. Avec le passeport biologique, les médecins ne cherchent plus en priorité à  détecter de manière directe la présence de substances données, mais l’effet de ces substances sur l’organisme. Toutefois, la variation de certaines valeurs biologiques n’est pas obligatoirement liée à  une prise de substances interdites.

Dès lors, les cyclistes nous font étalage de toute leur habileté pour trouver des excuses toutes plus farfelues les unes que les autres afin d’expliquer leurs valeurs biologiques anormales. Une très belle leçon pour des écoliers en manque d’inspiration par trois coureurs accusés récemment de dopage.

Leçon 1 : le coup de la maladie tenté par Jesus Rosendo qui invoque une anémie et saignements dus à  des hémorroïdes pour expliquer les valeurs instables. Pour une meilleure crédibilité, une note médicale établie par des spécialistes hématologiques confirme cette hypothèse. Malheureusement, cette explication n’a pas convaincu l’UCI.

Note : peut mieux faire.

Leçon 2 : le cumul d’excuses ou le manque de chance par Tadej Valjavec. Ce dernier invoque une maladie (laquelle ? on ne sait pas vraiment) qui l’aurait contaminée toute l’année 2009 et qui expliquerait ainsi son faible taux d’hématocrite. Ajouter à  cela, la faute du médecin qui n’a pas fait son boulot en n’avertissant pas l’UCI. Et pour expliquer son absence à  un contrôle antidopage en avril de l’année passée, il garantit qu’il était à  l’hôpital pour la naissance de sa fille et bien sûr il avait éteint son téléphone portable. Là  aussi, l’UCI n’a pas tenu compte de ces explications.

Note : crédible, peut passer suivant l’autorité.

Leçon 3 : faire comme si de rien n’était par Franco Pellizotti. Ce dernier assure qu’il coure à  l’eau claire et qu’il ne se sent pas concerné par ces affaires de dopage en affirmant je pense que tout cela est une farce. Quant à  son équipe, la Liquigas, elle le soutient par le biais de son manager jusqu’à  preuve du contraire. Toutefois, cela n’a pas empêché l’UCI de le suspendre de toutes compétitions.

Note : improbable

Dans toute cette soupe d’affirmations, personne ne sait vraiment qui dit la vérité ou des mensonges. Pour terminer au sommet de l’ironie, le président de l’UCI, Pat McQuaid, apporte la solution pour éradiquer le dopage: c’est dommage de voir que cela arrive. Mais les coureurs vont finir par apprendre…

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