Culture | 10.05.2010

L’autre coté du festival

Texte de Pauline Rumpf | Photos de Pauline Rumpf
Les plus petites scènes qui font le charme des festivals
Les Joyeux Urbains, photo de Pauline Rumpf
Photo: Pauline Rumpf

Ce qui rend un festival différent des autres et qui fait qu’une fois les têtes d’affiches passées on y reste quand même, ce sont les petites scènes, les plus petits concerts, ceux qu’on ne connait pas en arrivant. C’est également les animations entre les scènes et les visiteurs qui ont eu envie de laisser une trace et se sont déguisés.

Balélec n’était pas en reste vendredi du côté des animations : Une grande scène carrée, visible de tous les côtés, a permis à  plusieurs artistes de rue de se produire. Des cracheurs et des jongleurs de feu y épataient le public et des pros de l’acrobatie sur vélo faisaient leur show. Les gens, souvent hypnotisés par leur prestations, étaient aussi heureux là  que dans un cirque.

Par ailleurs, on notait quelques bizarreries amusantes : Deux filles habillées en énormes gâteaux d’anniversaire (puisque c’était la trentième édition du festival) se baladaient parmi la foule, et des panneaux demandant « Où est Charlie » attiraient l’attention sur un homme en pull rayé rouge et blanc et bonnet de père Noël. À Balélec, donc, entre les concerts, on ne s’ennuie pas.

Mais les découvertes étaient aussi présentes vendredi soir, comme le groupe français « Les Joyeux Urbains ». Ils se produisent depuis 15 ans en en vivent, dans un monde de la musique de moins en moins tendre avec les artistes ; mais leur bonne humeur et leur talent leur a certainement permi de se faire une place là  où d’autres n’ont pas réussi. De plus, ils ont réussi à  s’attacher un public qui les suit dans différents pays francophones, alors que le genre de musique qu’ils font ne passe pas à  la radio et encore moins à  la télévision.

Sur scène, ils jouent avec le public, chantent des chansons bien ficelées remplies d’un humour faussement naïf qui fait se répandre leur bonne humeur. Et ce sont certainement ce genre de groupe qui sont le plus sympa et ouverts, sur scène comme hors scène, ce qui ajoute encore au prix de la découverte : on n’est déçu nulle part.

Petit bémol quand même : eux par contre, n’ont pas retiré que du positif de ce festival. Non pas que le public suisse soit, comme on le dit parfois, mou ou peu réactif ; au contraire ils l’ont trouvé accueillant, malgré le fait que certains codes d’humour français ne sont pas les mêmes qu’en suisse et ne passent donc pas toujours.

Non, ce qui les a dérangé, c’est la disposition de festival : en effet, à  l’étage au dessous de leur scène se trouvait le « floor disco fréquence banane » dont le son n’a pas baissé d’un décibel au début de leur concert : Les basses se mélangeaient, les rythmes différents les embrouillaient et ils avaient sans arrêt peur que leur musique, relativement douce, ne soit couverte par les sons de l’étage du dessous, qui n’était même pas tellement rempli de gens. Heureusement, le public du concert n’en a pas été dérangé, certains ne l’ont même pas remarqué ; mais le groupe a trouvé ça dommage. Ils n’ont en effet pas pu donner tout ce qu’ils voulaient donner à  cause de ces perturbations.

Mais il n’empêche que le groupe a beaucoup plu et s’est fait mieux connaître du public suisse, qui l’a apprécié ; et que ce genre de découvertes rendent au festival toute sa magie et son charme.

Merci aux Joyeux Urbains
http://www.joyeuxurbains.com/