22.05.2010

L’allemand qu’on aime tant

Texte de Camille Spuhler
On aime pas l'Allemand! Pourquoi?

Comme la plupart des francophones, il m’est impossible de dire deux mots en Allemand. J’ai donc décidé de prendre mon courage à  deux mains et de partir trois mois dans la campagne lucernoise..

 

Bon, ce n’est pas le meilleur moyen pour apprendre l’allemand parce qu’ils parlent suisse-

allemand là -bas, me direz-vous. Détrompez vous. Nos voisins sont tout à  fait prêts à  parler

le Hoch-Deutsch pour nous. Et oui !! Ils font des efforts !! Ce qui n’est pas souvent le cas

de notre côté de la Suisse…

 

 

Mais pourquoi les francophones ont tant de mal à  parler l’allemand ? Pourquoi cette

langue nous révulse tant ? Souvenez-vous, cette joie qui vous envahit (envahissait) lorsque le prof d’allemand arrive (arrivait). Et cette déception, lorsqu’il est absent…

Rassurez-vous, les Suisse-Allemands sont comme vous ! Ils n’adorent pas les cours de Français.

 

 

L’allemand est compliqué, oui !! Mais le français aussi ! Les francophones n’ont juste pas envie d’apprendre ou de parler allemand. Avez-vous déjà  entendu quelqu’un dire de l’allemand que c’est une langue magnifique, passionnante et facile ? Pas vraiment…

 

La langue de Goethe n’est pas très glorifiée: «On dirait de l’arabe !» «L’allemand devrait être une langue morte!» «Pff! Toute façon, l’allemand, ça sert à  rien !» et j’en passe.

Voyez-vous souvent des films en allemand ? En anglais, oui, mais l’allemand ? Je vois plus souvent des sous-titres en turque qu’en allemand.

 

La mauvaise réputation de cette langue nous la fait détester. De plus, la motivation et l’envie de faire des efforts des Suisse-Romands ne sont pas légendaires… Les (certains, pas tous) profs ne font pas non plus d’efforts surhumains de ce côté-là …

 

 

Par contre, nos voisins ont l’air de plutôt bien se débrouiller en français. Comment est-ce

possible ?!

 

 

Tout d’abord, il faut savoir que les Suisse-Allemands ont l’habitude de passer d’une langue à  l’autre. Le suisse-allemand est, contrairement à  certaines pensées, totalement différent de l’allemand. C’est un peu comme une langue étrangère, pour eux. Même s’ils arrivent très bien à  la parler, ils doivent bien réfléchir avant. Nos voisins alémaniques ont donc peut-être plus de facilité à  passer de l’allemand au

français.

 

Et puis, j’ai rarement vu un prof de langue aussi motivé que ma prof de français dans mon gymnase lucernois !

Elle ne parle qu’en français, et les élèves ont l’air de comprendre… Ce qui, à  mon avis, est le cas. La motivation des élèves est aussi remarquable !

Certains me parlent français, sans y être forcé, simplement parce qu’ils veulent savoir s’ils

parlent bien, ou parce qu’ils VEULENT parler ! D’autres me demandent des significations

de mots…

 

Vous qui avez eu des années et des années de cours d’allemand, avez-vous seulement

une fois essayé de vous dire que l’allemand pouvait être autre chose qu’une torture ?

 

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