15.05.2010

ART Qaeda

Texte de Iskandar Elbaal
Art contemporain et Al-Qaeda ! Si si, on vous promet qu'il y a un lien et même s'il paraît plutôt lointain, Vincent vous le fait découvrir dans cet article étonnant.
Paysage du Yemen (qui abriterait, selon plusieurs sources, les chefs d'Al-Qaeda)

Connaissez-vous beaucoup d’artistes actuels participants de l’art contemporain, cet espèce de fourre-tout où l’on retrouve aussi bien des chevaux encastrés dans des murs que des cervelles de moineaux dans des bocaux verts, en passant par des Š«uvres éphémères – tellement éphémères qu’en plus de ne les voir que quelques secondes, on s’en souvient encore moins longtemps ?

 

Connaissez-vous les noms de ces artistes ? Ils sont complètement inconnus du grand public, mais laissons-leur du temps pour se faire connaître de la postérité. Non, vraiment, rien n’est fait pour populariser ce courant nouveau.

 

Même les musées d’art contemporain ont décidé de s’anti-promotionner, au vu des prix d’entrée. Repoussant pour le commun des mortels qui, poussé par sa curiosité, aurait envie de découvrir tout de même un monde qui lui est inconnu, même s’il pense tomber sur trois ou quatre cannettes entassées, quelques boulons et de la musique électronico-sensuelle aux touches de funk maure.

 

De l’autre côté, à  ce qui nous paraît des années lumières de l’art, symbole de la liberté culturelle et intellectuelle, on trouve Al-Qaeda, réseau de résistance qu’on ne présente plus, même si les appareils propagandistes étasuniens et européens ont bien tenté de les diaboliser, alors même qu’ils les ont soutenus financièrement et armés pour repousser les troupes soviétiques d’Afghanistan (et autres nouvelles, ou comment se faire passer pour une victime,  pour les nuls).

 

Le 11 septembre 2001, chacun se souvient de ce qu’il faisait. Pour certains, ce fut la fin du monde (« Oh my God » criaient les vidéos-témoin), pour d’autres, c’était l’occasion de faire des blagues (« Nous sommes tous américains » dixit Jean-Marie Colombani). Mais surtout, quel spectacle ! Des avions de centaines de tonnes s’encastrant tels de fins suppositoires dans des arrières trains habitués à  ce genre de traitement, quoi de plus érotique ? Tout était là  : le spectacle son et lumière, les spectateurs abasourdis, la revendication tardive de l’auteur – pour le suspense-, l’incompréhension du grand public devant une chose aussi indescriptible, les fans qui se jettent dessus ; oui, c’était bien de l’art contemporain !

 

Mais enfin, quel symbole. Non, pas la destruction du capitalisme (il ne s’est jamais aussi bien porté, moins de dix ans après les faits), ni un « choc des civilisations » (le premier qui me donne une définition crédible et argumentée de ce terme, je lui offre un an d’Ovomaltine et tous mes Points Cumulus). New York, la ville de l’art contemporain (Le MoMA, le Guggenheim) frappée en son cŠ«ur par une Š«uvre d’art géante. Quelle prestation !

 

Al-Qaeda n’a pas fait que se venger de l’impérialisme américain, ni de nous pourrir les programmes télévisuels (qui n’a pas pleuré en voyant que les dessins animés s’interrompaient ? – Sans doute une nouvelle version de la mort de Lady Di). Ils ont surtout réussi à  populariser l’art contemporain qui, jusqu’ici, était réservé à  une élite. Quelle émission peut aujourd’hui se targuer d’une telle audience ? Quel artiste arriverait à  capter une telle attention ? Même les Coups de CŠ«ur d’Alain Morisod n’ont jamais atteint un tel score, c’est dire…

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