Culture | 24.04.2010

L’école des femmes

Texte de Pauline Rumpf
S'il ne fallait faire qu'une seule chose cette semaine, ce serait ... aller voir L'école des femmes de Molière.

 

 

Un décor simple, entre le vieillot et le plus moderne, des costumes datés mais qui deviennent subtilement passe-partout, des acteurs présents et un texte en alexandrins qui passe comme de la prose ; voilà  un mélange qui rend plutôt bien sur scène.

 

L’intrigue n’est pas très compliquée : Un homme d’âge mûr achète une petite fille de 4 ans, l’élève dans la réclusion, dans le but de la faire rester innocente, naïve, voire sotte : Il veut l’épouser, mais il a une peur bleue d’être déshonoré par le cocufiage, et pense donc qu’à  une ingénue ne viendra pas l’idée de le tromper.

 

La jeunette grandit donc et devient une jolie jeune fille, toute aussi naïve et ignorante que le seigneur Arnolphe l’avait désiré ; mais un beau jeune homme, Horace, passant par là  en tombe amoureux et la séduit, ce qui met évidemment en rage le père adoptif et futur mari de la jeune Agnès.

 

Agnès est donc une ingénue, qui ne connaît pas les codes de la société et sait à  peine écrire et compter ; elle est jouée par une jeune actrice, très jolie, qui sait mettre dans son jeu toute la naïveté et la bêtise, mais la bêtise drôle et attendrissante, nécessaire à  son rôle.

 

Arnolphe, pourtant totalement macho et séquestrant une pauvre jeune femme, est visiblement plus bête que méchant, et son rôle dans la pièce de Molière, fait pour être « le méchant de l’histoire », est visiblement humain, et émeut lorsque les événements se retournent contre lui. Il a de plus une prononciation impeccable qui rend très agréable l’écoute des alexandrins

 

De plus, le costume décalé de l’amoureux d’Agnès, qui se balade avec des cheveux orange et une guitare électrique, apporte une touche d’humour renforcée par une mise en scène parfois très drôle, tout comme les deux valets à  moitié ivrognes censés garder Agnès dans sa tour d’ivoire, mais qui passent leur temps à  boire et se chamailler …

 

Puis en sortant de la salle, le théâtre propose des petits plats, oui petits, et plutôt chers, mais si bon que vous n’y résisterez pas, tout comme aux glaces artisanales servies dans un verre à  Pastis, que vous pourrez déguster en regardant projetées au mur les photos des répétitions et des acteurs dans des postures pour le moins surprenantes !

 

Bref, une pièce drôle tout du long et un peu triste à  la fin, mais qui touche et qui fait réfléchir, dans un théâtre accueillant et des sièges confortables, pourquoi résister ?!

 

L’école des femmes

De Molière

Au théâtre de Carouge

Gilles Privat, Lola Riccaboni, Joan Mompart. Mise en scène de Jean Liermier.

 

 

 

Le site (Théâtre de Carouge, Genève)