24.04.2010

L’après- séjour linguistique

Texte de Chloë Vecten
Que ce soit ma sS«ur et ses séries, mon père et son boulot ou ma meilleure amie et ses livres. Impossible d'éviter la langue anglaise!

Le paysage linguistique suisse implique une étude (plus ou moins sérieuse) de l’allemand pour les petits romands dont j’ai bien sûr fait partie. Ayant choisi la voie de l’enseignement, j’ai même poussé le bouchon plus loin en rajoutant un séjour de deux mois en Allemagne aux huit années passées à  étudier la langue de Goethe. Séjour qui m’a appris à  aimer une langue qui n’était de loin pas ma grande amie. L’anglais? Pas mon fort et l’allemand pouvait bien suffire après tout!

Ça c’était mon rêve mais en remettant mes deux pieds sur terre, je me suis aperçue que TOUT mon entourage n’avait d’yeux que pour la langue anglaise, que ce soit ma soeur et ses séries, mon père et son boulot ou ma meilleure amie et ses livres. Impossible de l’éviter! De plus l’utilisation universelle de cette langue est indéniable et l’avantage de la maîtriser un minimum est un atout évident. C’est ainsi que six mois après cette réflexion hautement philosophique, je me suis retrouvée à  30 heures de vol de la Suisse, au pays des kiwis.

L’option que j’ai choisie est « intensive », cela consiste en des cours généraux le matin et en des cours spécifiques l’après-midi (conversation, prononciation…etc). Les groupes ne sont pas composés de plus de 15 personnes et l’on est bien obligé de se lancer à  l’eau vu que l’enseignant ne comprendra pas un mot de français contrairement à  celui que chacun a eu au collège ou au gymnase. Après huit semaines à  ce rythme, je ne peux pas affirmer que mon niveau d’anglais se soit beaucoup amélioré et je suis toujours affublée de mon horrible accent francophone que tout le monde entend à  10 mètres.

L’aspect positif indéniable se trouve plutôt du côté du vocabulaire et du relationnel. Être dans un pays anglophone m’a donné envie de parler anglais comme aller en Allemagne m’avait donné envie de parler Allemand. Se retrouver en pays étranger permet et oblige même à  papoter sans penser aux erreurs que l’on pourrait faire en parlant. De plus, lors des cours, on apprend nombre de mots utiles que l’on peut réutiliser à  sa guise lors de situations réelles. Le conseil que je pourrais néanmoins donner et d’éviter le plus possible les francophones, ce qui est plus difficile à  faire qu’à  dire quand 20 d’entre eux sont présents dans la même école. Afin de palier à  cette francophonisation, l’idéal est d’habiter ne serait-ce qu’une partie du séjour dans une famille d’accueil pour être obligé de parler un maximum la langue (et se familiariser avec l’accent parfois incompréhensible!) car dans les appartements de l’école, on se retrouve bien souvent avec au moins un francophone pour colocataire ou bien pour voisin, ce qui s’est avéré être le cas pour moi. Et bien qu’on s’assure intérieurement que parler anglais avec un francophone est possible, le français nous rattrape avant qu’on ait eu le temps de prononcer un traitre mot d’anglais.

La cerise sur le gâteau (ou « icing on the cake » en anglais) est de prolonger le séjour en travaillant et/ou en voyageant dans le pays que ce soit par soi-même ou entre amis (pas seulement des francophones svp!). C’est réellement lors de mes péripéties en parcourant l’île du sud en solo que je me suis retrouvée plongée dans la langue et que j’ai pu mettre en pratique deux mois de cours.

Attention expérience à  consommer sans modération!

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