03.04.2010

« La Rafle »

Texte de Quentin Schwarz
Un thème important pour un film décevant...

 

 

Rappeler la sombre histoire française, ou carrément remettre les points sur les i, personne ne pourra critiquer l’idée et encore moins l’enjeu moral d’un film tel que « La Rafle ». Malheureusement pour Roselyne Bosch, la réalisatrice, le résultat est plutôt scindé. D’un côté le professionnalisme de l’image, la réussite du plongeon dans les années 40, le tracé d’un sujet douloureux que la France ne se doit pas d’oublier. Mais d’un autre côté ; une mise en scène catastrophique, des acteurs tout simplement pas crédibles, des dialogues stupides et mal filés, des scènes trop enjolivées et attendrissantes face à  l’horreur des camps, bref, le résultat sombre dans un mélodrame forcé qui pousse presque à  rire.

 

Si Jean Reno et Mélanie Laurent remontent un peu le niveau du film, ainsi que certains enfants, Raphaëlle Agogué et Gad Elmaleh lui donnent un goût trop … invraisemblable. Et oui, qui l’aurait cru ? La tête d’affiche qui pourtant fait couler le film avec un personnage naïf qui ne convainc pas grand monde. Et sa conjointe ne fait pas forcément mieux à  mon avis.

 

Mais là  où rien ne va plus ce sont les scènes « politique », là  où la France décide officiellement, là  où la France collabore avec l’ennemi: Le dialogue est si mal joué qu’on se demande comment, lors du tournage, personne n’ait réagit. Même les personnages allemands sont pathétiques. On reste dans l’invraisemblable cinématographique.

 

Ah ! Et Hitler ! Presque difficile à  le reconnaitre sur certains plans. Oui, dans la rafle Hitler c’est un homme de la quarantaine très bien entretenu qui boit des verres calmement sur une terrasse alpine … Très peu crédible. Pourtant il apparait dans de nombreux autres films de façons beaucoup plus réalistes, alors pourquoi pas dans « La Rafle » ? A moins que ca n’ait choqué que moi cet Hitler rajeunit et en pleine forme …

 

Alors peut être que le film est un brin trop pédagogique ?. Reste que c’est dommage car là  où il devait y avoir de l’émotion, il n’y en a pas. Là  où il devait y avoir des larmes, il n’y en as pas. Et le manque de vraisemblance, sur un sujet aussi important [et passablement inédit dans la ciné-graphie française], c’est du gâchis !

 

Quentin Schwarz

 

 

 

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