Culture | 27.03.2010

Premier concert

Rencontre avec Rom-D qui est montée sur scène pour la première fois hier soir à  la salle du Cazard.

Tink: Comment tu appréhendes le concert de vendredi?

Rom-D: Étonnamment, je ne suis pas du tout stressée. Je pense que je vais stresser les deux jours d’avant, avec les deux répétitions générales. Maintenant ca va et j’ai fait un petit show à  Genève jeudi, un atelier rap où j’ai interpreté une de mes chansons. J’ai pas trop stressé, il y avait une vingtaine de personne environ… Vendredi il y aura plus de 250 personnes donc ca sera autre chose, mais pour l’instant ca va, je pense que ce sera sur le moment, la première musique ce sera dur, mais ca va aller…

 

Tink: C’est ton premier concert mais est-ce que tu as déjà  eu l’occasion de raper devant des gens?

Rom-D: Oui mais très vite fait, aux fêtes de foyers par exemple, c’était encore au moment où le rap, pour moi c’était juste de l’écriture, je me posais pas bien sur le beat, je ne comptais pas les mesures… La chanson comme je fais maintenant, la première fois c’était jeudi.

 

Tink: Et qu’est ce qu’il se passait jeudi?

Rom-D: J’ai été voir un ami rappeur à  Genève, il faisait un atelier rap avec ses élèves et il m’a demandé de faire une de mes musiques. C’était cool…

 

Tink: Est-ce que tu as déjà  d’autres dates de concert en tête?

Rom-D: Pour l’instant, je n’ai prévu que cette date mais je pense en faire un autre cet été, la semaine de la rentrée scolaire. Il faut que j’écrive encore le troisième album, ça me prendra pas beaucoup de temps vu que j’écris beaucoup.

 

Tink: Le troisième déjà ? Les deux autres c’est…?

Rom-D: Le premier c’est « La façon de vivre » , le deuxième c’est « La façon de penser », c’est là  où tu vois l’évolution entre le premier et le deuxième, tu vois vraiment le changement de style, de flow . C’est un petit trip parce que pour moi le rap c’est toujours une façon ; la façon de vivre, la façon de penser, peut-être le troisième ça sera la façon de faire, je ne sais pas. Je peux écrire trente chansons en une journée si j’en ai envie, pour moi c’est plus écrire que raper. Raper c’est devenu vraiment un plaisir mais au départ c’était vraiment écrire qui me plaisait. Donc oui, je prévois un 3ème album d’ici cet été et on prévoit un autre concert à  la rentrée. Avec un peu plus de temps que celui-là , dans une salle un peu plus grande, ça dépend du nombre de personnes qui vont venir à  celui de vendredi.

 

Tink: Tes albums sont en vente dans le commerce?

Rom-D: Non… Pas assez d’argent pour l’instant. On m’en demande parfois et je les envoie, sinon ils seront en vente après le concert vendredi. Si je fais un assez bon bénéfice, que ça plaît aux gens je pense que je vais en mettre en vente, pas des tonnes et des tonnes mais quelques-uns, je pense à  la FNAC par exemple parce que c’est pas compliqué…

 

Tink: Ca revient cher?

Rom-D: Pas tant que ça, tu mets au minimum 4000.- pour mettre en vente pas mal de Cds et après tu as un pourcentage sur ce qu’ils vendent donc ca va, mais c’est vrai qu’avec un salaire de 600 francs par mois c’est assez hard.

 

Tink: Et d’organiser un concert ca te revient combien?

Rom-D: 4000 francs aussi. C’est la sécurité qui me coûte cher ; 2300 francs. Pourtant je pense pas que les gens qui viennent écouter du rap sont là  pour faire chier mais la Ville de Lausanne considère le rap comme de la musique à  risque alors je suis obligée d’avoir 10 securitas professionnels.

 

Tink: Justement, comment ça s’est passé pour l’organisation?

Rom-D: On a eu deux mois et demi et vu que je travaille à  coté et que j’ai les cours, que j’ai pleins de trucs en tête, je me suis mis aux répétitions, à  apprendre les musiques il y a trois semaines. Donc ça a été un peu stress, les sponsors pareil, on a pas eu des réponses concrètes. La prochaine fois on s’y prendra trois mois voire trois mois et demi à  l’avance, je pense.

 

Tink: Comment tu as commencé à  t’intéresser au rap?

Rom-D: En fait, j’étais en prison pour mineurs, et j’ai commencé à  écrire des petits textes. Puis je suis arrivée en foyer et là -bas le rap, c’était comme une religion, j’écoutais beaucoup de Kenny Arkana, de Diam’s, Sinic. J’ai trouvé des instrus sur le net et j’ai commencé à  dire mes textes, peu à  peu ça s’est transformé en passion et maintenant c’est devenu encore plus qu’une passion, c’est une façon de vivre.

 

Tink: Et ça fait combien de temps que tu as commencé à  raper?

Rom-D: Presque trois ans.

 

Tink: Et là  tu as quel âge?

Rom-D: 18 dans deux mois.

 

Tink: Tu as vraiment tout commencé toute seule… Comment tu as fait?

Rom-D: Oui, la première fois que j’ai enregistré dans un studio professionnel c’était à  Genève, c’était de l’amateurisme, j’ai gardé l’enregistrement en souvenir mais c’est pas une chanson que j’interpréterais pour les gens, du moins pas comme je l’ai interprétée. Ensuite, le rappeur que j’ai été voir à  Genève m’a appris le principe des 4 mesures; sur un beat tu comptes 4 temps et tu poses ta rime sur 4. Autrement j’ai toujours enregistré et composé moi-même. J’ai un ami qui m’a donné des instrus, j’ai composé et posé dessus dans mon mini-studio d’enregistrement que j’ai chez moi.

 

Tink: Qu’est ce que t’inspire dans tes chansons?

Rom-D: Ma vie, ce que j’ai vécu. J’ai fais pleins de conneries, j’ai pas eu une enfance des plus faciles, ni une adolescence. Je décris ma vie, comme si je racontais une histoire, ce que je pense de la politique, des gens qui dirigent, de la société, c’est une histoire pas des trucs du genre « j’nique ta mère, ton père », c’est moins du LIM que du Kenny Arkana…

 

Le site officiel de RoM-D

 

Joëlle Tille

Photos d’Andrea Blankenstijn