20.03.2010

Des apprentissages pour les sans papiers

Texte de Pauline Rumpf
Vous-êtes vous déjà  demandé qui effectuait dans notre pays les tâches que ni vous ni personne d'autre n'a envie de faire ?

Vous-êtes vous déjà  demandé qui effectuait dans notre pays les tâches que ni vous ni personne d’autre n’a envie de faire ? Débarasser les poubelles, nettoyer les sols, etc… ? Eh bien ce sont souvent les sans-papiers. Eh oui, ceux-ci même qui vivent au grand jour, connus de tous, mais qui n’ont simplement pas de titre de séjour valable. Et vous êtes-vous déjà  demandé ce que faisaient leurs enfants après l’école ? Sont-ils condamnés à  hériter des même travaux inintéressants et non gratifiants que leurs parents ?

Pour le moment, ces jeunes ont le droit d’entrer au gymnase, mais les places d’apprentissage, par contre, leur sont refusées. C’est ce qu’entend faire changer Oscar Tosato, conseiller municipal lausannois en charge de l’enfance, de la jeunesse et de l’éducation.

Tout de suite, des voix se sont levées contre ce projet. On oppose que les places manquent déjà  pour les Suisses et que les ouvrir aux sans-papiers serait une sorte de suicide économique, une contradiction en tout cas. À cela, Oscar Tosato a plusieurs réponses. Premièrement, il explique que la contradiction se situe en amont : 90’000 sans-papiers travaillent chaque année dans nos entreprises, mais étant sans formation, ils sont payés une misère et se font exploiter. Il explique également que les places ne manquent que dans certains domaines, ceux que personne ne veut, et qu’un défi parallèle serait de valoriser ces domaines pour que nous, suisses, nous rendions compte qu’ils existent. En disant cela, il ajoute une petite critique à  la politique suisse de naturalisation : il cite les Etats-Unis, l’Italie, la France ou encore l’Espagne, qui ont procédé à  des régularisations collective, alors qu’en Suisse, les passeports ne sont délivrés qu’au compte-goutte dans des cas des rigueur.

Mais son plus gros argument reste l’application des lois sur la protection des mineurs et de la convention internationale des droits de l’enfant. En effet, un enfant n’est pas responsable de la situation juridique de ses parents, et a droit, quelle que soit sa nationalité, à  une éducation et une formation complète qui lui permette, même s’il doit rentrer chez lui, d’avoir un badage de compétences qu’il pourra mettre à  profit quel que soit le pays dans lequel il vivra.

Mais ne vous inquiétez pas pour autant, ces jeunes, au sortir d’un apprentissage, ne viendront pas vous voler vos rentes chômage ou AI : Ils cotiseront à  l’AVS comme vous et moi, mais n’auront aucun droit de toucher des rentres chômeur s’ils ne trouvent pas de travail.

Le destin des 10’000 à  30’000 jeunes clandestins en suisse suivra donc le cours de la requête déposée le 3 mars 2010 par le Conseil National, mais la plupart sont confiant. Le peuple suisse l’est-il aussi ? Affaire à  suivre …

Pauline Rumpf

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