Culture | 16.10.2009

LUFF

A ne pas louper : Underground Film & Music Festival, 14 octobre-18 octobre 2008 !!!
© Joëlle Misson

Underground Film & Music Festival, 14 octobre-18 octobre 2008

 

Lecture du programme.

 

Polyondes   fréquences   voies nouvelles    dissonances    démantèlement    inventeurs    révolutionnaires de la pratique musicale    rock et électronique expérimental    objets musicaux

 

C’est un vocabulaire original et intriguant qui ressort de ma lecture du programme très noir et blanc du LUFF 09 ou Lausanne Underground Film & Music Festival.

Le M de Music  disparaît, il ne reste plus que ces quatre lettres que tout le monde prononce différemment: le Loufe, le Lufe… J’opte pour l’accent anglais, Underground, c’est bien de l’anglais non?

 

Underground, sortant des sous-sols les plus obscurs, résume en un mot les films, concerts et autres performances du festival ainsi que l’ambiance des lieux. En effet, les espaces sombres et clos sont éclairés violemment de blanc, même les colonnes de la cinémathèque s’habillent de plastique noir, petit clin d’oeil à  la tenue des artistes de la soirée de mercredi dernier, celle du début de la partie musicale de l’année 2009.

 

 

La musique et les films se mélangent, les performances sont accompagnées de projections, des lieux de concerts accueillent de l’image et le cinéma est traversé par les sons. On découvre des films uniquement faits de lumières et de musique, d’autres sans paroles mais avec des gémissements, des tas de corps se caressent et des images se perdent dans d’autres. On y entend aussi des sons qui nous transpercent et font vibrer notre cage thoracique et on voit monter sur scène des visages blancs et noirs …

 

 

Le LUFF c’était dès mercredi et ça continue jusqu’à  dimanche.

Pour plus d’infos: www.luff.ch

Lou Koenig.

 

 

Ce festival alliant cinéma et musique propose une quantité d’artistes peu connus qui présentent des oeuvres très personnelles auxquelles on a l’occasion d’assister nulle part ailleurs en Suisse, et même en Europe. Il permet aussi au public et aux programmateurs de se faire plaisir et de visionner des films qui les intéressent sur grand écran, ou des musiciens qu’ils n’ont généralement pas l’occasion de voir sur scène.

 

Pourtant ce festival qui ne présente généralement que peu d’artistes suisses, a cette année décidé de crée un programme suisse pour le cinéma, une première au LUFF.

 

Ce festival a débuté grâce à  un monsieur nommé Sigismond de Vajay. Inspiré du Festival Underground de New York, une première édition intitulée « Les Nuits de l’Underground » a été organisée en 1998 au Toit Du Monde, Centre Multidisciplinaire pour la Culture Actuelle, à  Vevey.  Ces soirées qui, à  l’époque, ne portaient pas le nom de festival, consistaient uniquement en des projections de courts-métrages sélectionnés au Festival de New York.

 

Après deux éditions des « Nuits de l’Underground », prit place à  Vevey, au Théâtre Oriental, la toute première programmation de l’Underground Film Festival qui fût tout de suite un succès. Par la suite, c’est Julien Bodivit (programmateur des films du LUFF) qui a recréé l’idée du festival à  Lausanne, accompagné ensuite de Thibault Walter, qui s’occupa de la musique. Le Lausanne Underground Film & Music Festival a gardé ses initiales LUFF, étant basé premièrement sur la projection de films, la musique n’étant apparue que depuis la recréation du festival en 2002 par Bodivit et Walter.

 

Les artistes présents au LUFF ne sont pas choisis sur des critères précis. C’est généralement quelque chose d’indépendant qui intéresse les programmateurs, et plutôt en décalage avec ce que l’on a l’habitude de voir. Souvent ce sont des artistes non distribués, complètement autofinancés et à  petit budget. Mais ceci n’est pas un critère.

 

Les personnes travaillant à  l’année sur la programmation du festival sont une bonne vingtaine. Puis pendant les cinq jours de festival, 120 bénévoles environ sont nécessaires pour 6 salles de cinéma et une salle de concert.

 

Cette année sort un nouveau livre, de la collection Rip On /Off, intitulé «  Saccages » de GX Jupitter Larsen, né d’une collaboration entre le LUFF et le Groupe de la Riponne, groupe constitué de nombreux jeunes chercheurs et traducteurs. Leur idée était de travailler sur des auteurs et musiciens en particulier, sur le pourquoi de leur musique, et d’accompagner ceci d’un texte audio. C’est une sorte de clarification, d’explication de leur musique. Ces deux livres sont créés sur des musiciens noise-rock dont le premier «  Physiques Sonores » de Z. Karkowski explique le travail de l’artiste. « Saccages » est un peu différent, car il présente les traductions de tous les écrits de l’auteur, présent plusieurs fois au LUFF, comme c’est le cas de Karkowski.

 

Le Club des Amis du LUFF (le LAFF) a deux objectifs ; le premier et non des moindres

est que le LAFF permet au gens qui s’intéressent au festival et qui ont envie de le soutenir à  leur façon, car ils n’ont pas le temps d’être vraiment actifs dans l’association, d’être au courant des activités de l’année.  Le LAFF est donc une manière de les faire participer.

Le deuxième est qu’elle amène un apport financier au festival; une cotisation annuelle de 60 francs par an est demandée et dès que des événements s’organisent au sein de l’association, les membres reçoivent des invitations. Par exemple, pour la sortie du livre « Saccages », ou d’une compilation, des réductions leur sont proposées. Tout le monde peut faire partie du LAFF, il n’y a aucune barrière.

 

Toujours dans le cadre des associations, l’APCI, Association pour la Promotion de la Culture Indépendante, est l’organe organisateur du festival. Tout festival ou autre soirée a besoin d’une association afin de recevoir des subventions. Comme c’est une structure associative, chaque personne qui y participe paie sa cotisation annuelle, et tout le monde peut en faire partie du moment qu’ils partagent les mêmes envies et passions. Actuellement, le LUFF essaie d’étendre ses activités, en organisant des événements sur toute l’année, en lien également avec le LAFF. En ce moment, l’APCI tente de créer une sorte de carte blanche avec le Romandie afin de pouvoir projeter différents films, tous les deux mois par exemple, dans la salle du Romandie.

 

Cette année le LUFF collabore avec un invité spécial; Stephen O’Malley, chanteur du groupe Sunn O))), qui se produira samedi 17.10 durant la soirée Solid Black Night. Thibault Walter avait à  coeur de donner carte blanche au chanteur qui a choisi des films documentaires et musicaux qui l’intéressaient, afin de voir ce qu’il pouvait leur proposer en matière de film et de musique.

 

Joëlle Misson

 

Merci à  Mme Pauline Lalondrelle, responsable générale du LUFF, pour avoir répondu à  mes questions.