Kultur | 20.12.2011

La compagnie du Béjart Ballet Lausanne au Théâtre de Beaulieu

Jusqu'au jeudi 22 décembre, la compagnie du Béjart Ballet Lausanne (BBL) présente son nouveau spectacle et entame sa saison 2011/2012 au Théâtre de Beaulieu, à  Lausanne. Trois chorégraphies de Maurice Béjart ainsi que la dernière création de Gil Roman, Là  où sont les oiseaux nous sont offertes. Une découverte, un coup de cS«ur.
Gil Roman joue Brel, dans Brel et Barbara.
Bild: plateaux.ch "Pleine de poésie, avec même une pincée d'humour et de légèreté, Là  où sont les oiseaux ... donne le sourire et des ailes aux esprits rêveurs. " béjart.ch

 

Un spectacle de danse ne se vit pas comme une soirée au cinéma. Certes, le hall d’entrée grouille de personnes impatientes de gagner leur place, la salle est immense et les sièges nombreux. Mais le rideau, encore fièrement déployé, la scène encore vide, la lumière encore éteinte ne cachent pas un simple écran, une projection, un divertissement. Ce ne sont pas moins d’une trentaine de danseurs, à  la grâce, aux gestes tantôt délicats, tantôt sauvages qui fouleront et se défouleront pendant plus de deux heures et demie sur ce parquet de théâtre.

 

Gil Roman, le directeur du BBL, a décidé de remonter trois pièces de Maurice Béjart, figure maître du Ballet du XXe siècle, devenu Béjart Ballet Lausanne en 1987. Un hommage, un clin d’Š«il à  cet homme à  l’ambition sans bornes, au goût prononcé pour les grands projets, les grandes Š«uvres, les défis. Bien qu’il se soit exprimé, une fois, en disant que la danse se veut être «qu’un contrepoint visuel, tantôt abstrait, tantôt émotif du chant», Maurice Béjart a toujours porté la danse, si ce n’est plus haut que le chant, à  son équilibre parfait. Cantate 51 (1969) est portée sur une musique de Jean-Sébastien Bach, Serait-ce la Mort (1970) est dansée sur des lieder de Strauss, textes de Hesse et d’Eichendorff et Brel et Barbara (2001), dernière chorégraphie représentée lors du spectacle, fait la part belle aux chansons de Brel et Barbara, dont Béjart était proche, très proche. Un travail intime entre danse et musique, entre danse et chant.

 

Pleine de poésie, avec même une pincée d’humour et de légèreté, Là  où sont les oiseaux (2011), nouvelle création de Gil Roman, donne le sourire et des ailes aux esprits rêveurs. Quatrième pièce du spectacle (troisième dans l’ordre de passage), elle a également été créée sous l’inspiration d’un texte, celui du poète Chen Shenglai, que Gil Roman a rencontré lors de la dernière tournée du BBL en Chine, et d’une sculpture de Marta Pan, artiste qui avait déjà  collaboré maintes fois avec le Béjart Ballet, toujours avec succès. Un seul texte, un seul décor pour imager «le charme de la vie» ; et les danseurs se muent même en comédiens, se laissant aller à  jouer, à  sauter, comme des enfants, pour donner vie aux vers du poète Chinois :

 

« Tant que la vie continue à  pleine couleur,

Gagner ou perdre, tout cela n’est qu’un jeu,

Tant que la vie a du charme,

Elle nous enchantera à  jamais »

 

Un spectacle articulé sur quatre tableaux, des couleurs neutres, pastels aux couleurs vives et fortes, des musiques et des textes porteurs d’émotions. Le Béjart Ballet dévoile ses atouts petit à  petit, avec brio. Un hommage d’envergure à  Brel, Barbara et Béjart à  ne manquer pour rien au monde, à  revoir sans aucun doute.

 

La neige tombait en ce vendredi soir, elle tombera sûrement encore tout le long de cette semaine. La magie ne pourra qu’opérer encore et en enchanter plus d’un.

 

Ai-je été assez explicite pour vous inciter à  enfiler vos bottes et braver le froid avant jeudi ?