Gesellschaft | 07.11.2011

Etudiant entrepreneur

Text von Nicolas Vodoz
Deux événements organisés simultanément à  l'UNIL et à  l'UNIGE ont pour objectif de démontrer qu'on peut être à  la fois étudiant et entrepreneur.
Jean-Christophe Zufferey et son Swinglet (photo : droits limités, Alain Herzog)

 

La sortie d’une crise économique passe par la création d’entreprises. Selon l’Office fédérale de la statistique (OFS), 11’470 entreprises ont été lancées en Suisse en 2009, ce qui a engendré la création de 21’800 emplois. Près d’un quart de ces structures ont vu le jour dans l’arc lémanique. «La densité de hautes écoles, d’universités et d’entreprises internationales dans la région engendrent un brassage de cultures et de compétences très différentes. Et ceci est propice à  l’innovation», explique Laurent Miéville, directeur d’UNITEC à  Genève (service impliqué dans le transfert de technologies entre l’université et les milieux économiques).

 

Au-delà  de l’impact macroéconomique, l’entrepreneuriat est avant tout une décision personnelle. «C’est même une alternative au chômage», ajoute M. Miéville. D’ailleurs, c’est pour cette raison qu’il organise du 14 au 20 novembre prochain, la semaine de l’entrepreneuriat à  l’université de Genève. Durant sept jours, les étudiants auront la possibilité d’être conseillés et de se constituer un carnet d’adresses indispensables pour lancer leur propre projet.

 

Parmi les jeunes entrepreneurs prometteurs, la Suisse romande peut compter sur Jean-Christophe Zufferey. A 37 ans, le Valaisan est à  la tête de SenseFly né à  la fin 2009. En à  peine deux ans, la petite startup est parvenue à  commercialiser son Swinglet, un mini drone révolutionnaire capable de voler de manière autonome, dans plus de 30 pays. SenseFly figure parmi les quatre finalistes du Prix Strategis. Organisé par l’association d’étudiants HEC Espace Entreprise de Lausanne, ce prix d’une valeur de 50’000 francs a pour but de récompenser l’entreprise la plus innovante et prometteuse.

 

M. Zufferey a fait des études de robotique à  l’EPFL: «Lorsqu’on est dans la recherche, on nourrit l’envie d’entreprendre». Pourtant, il n’y a pas forcément besoin d’être dans un secteur technique pour lancer sa propre affaire. «Il y a sûrement moins d’opportunités pour un étudiant de sciences sociales ou de lettres, mais s’il trouve une bonne idée, elle a toutes les chances d’aboutir», explique M. Miéville. Car il ne suffit pas d’inventer un nouveau produit, encore faut-il qu’il ait une application utile. «Les chercheurs font souvent les choses à  l’envers d’un point de vue commercial. L’invention vient avant l’identification d’un besoin et donc d’un marché», explique M. Zufferey.

 

Pour éviter cette erreur, il est indispensable d’aller chercher de l’aide à  l’extérieur. L’équipe de SenseFly a pu bénéficier du coaching de l’EPFL. Genève n’est pas en reste et beaucoup de professionnels de tous les domaines (financement, conseils juridiques, etc.) seront présents lors de la semaine de l’entrepreneuriat. Mais l’élément essentiel est «savoir s’entourer d’une équipe de confiance aux compétences complémentaires», insiste M. Zufferey.

 

Cependant, le succès n’est pas toujours au rendez-vous. En Suisse, environ 50% des nouvelles entreprises n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Mais qu’importe, car «entreprendre, c’est avant tout acquérir des compétences et une expérience pour la vie», explique M. Miéville. «Ce n’est pas un choix de carrière, mais simplement l’ajout d’une corde supplémentaire à  son arc». Dans certaines universités américaines, les étudiants sont obligés de lancer un projet personnel durant leurs études. Même si la plupart y renonce par la suite, cette expérience ne s’acquiert pas assis derrière un pupitre.

 

Souvent, entreprise rime avec profit. Mais il existe aussi d’autres façons de lancer son projet. «Aujourd’hui beaucoup de jeunes ont la volonté de contribuer de manière positive à  la société» explique M. Miéville, à  l’instar des participants d’imp!act réunis à  l’UNIGE il y a quelques jours pour mettre sur pieds des projets de type social ou environnemental. D’ailleurs, la journée du 16 novembre, intitulée «entreprendre autrement», s’adresse à  tous ceux qui rêvent de changer le monde!

 

Plus d’infos :

Semaine de l’entrepreneuriat à  Genève

Prix Strategis à  Lausanne