Gesellschaft | 20.09.2011

Pour une histoire d’eau…du robinet

Text von Lauriane Constanty | Bilder von www.tdg.ch
Un peu partout en Suisse souffle un vent qui fait tempête dans le cycle de l'eau...en carafe! Et oui, de nombreux restaurants et bistrots n'offrent plus la gratuité de l'eau du robinet. Une carafe pouvant coûter la modeste somme de 6.-, à  boire avec modération, donc!
Bild: www.tdg.ch

Mais où est donc partie cette convivialité et cette fameuse loi qui imposeraient à  tout restaurateur d’offrir gratuitement un verre d’eau à  l’étudiant fauché, au voyageur de passage, au touriste égaré, au citadin assoiffé? Et bien, il paraît que cela ne serait que croyance populaire! En aucun cas les tenanciers ne sont tenus d’abreuver modestement le bougre qui s’est égaré dans son bistrot. Triste nouvelle…Alors faites cliqueter la petite monnaie!

 

La tentative de demander un verre d’eau se solde toujours par la fameuse question „gazeuse ou non gazeuse?“. Une manière détournée d’indiquer qu’ici l’eau est en bouteille et ne sera, par conséquent, pas gratuite. Mais bon, fallait bien que quelqu’un ose malgré tout demander et se jette à  l’eau! Mais si vous décidez de persister, si vous n’avez pas peur de passer pour un radin en demandant une simple carafe d’eau du robinet, vous risquez d’avoir droit au sourire grimaçant ainsi qu’à  la moue dubitative du serveur. Puis séance douche froide en découvrant la cherté de notre eau du robinet!

 

Mais bistrots et restaurants assurent leur survie avec les boissons, on le sait! Allez, pour cela j’accepte donc le franc symbolique pour une carafe.

 

Bref, dur combat entre les clients qui râlent et les restaurateurs qui ne peuvent continuer à  offrir des prestations gratuites. Mais la réputation d’un charmant bistrot se joue dans la saveur de sa cuisine ainsi que dans la couleur de son accueil. Le verre d’eau gratuit en voie de disparition peut-il réellement permettre à  l’établissement d’être bondé de joyeux gourmands? Est-ce en finançant la moindre goutte que la profession de restaurateur pourra être sauvée, que la réputation du restaurant se verra assurée et que les réservations s’arracheront? Doux équilibre pour assurer une réputation, l’image traditionnelle de l’accueil, la convivialité et rentrer dans ses frais pour le tenancier de l’établissement. Peut-être faudrait-il mettre un peu d’eau dans le vin…

 

Bref, tout ça pour une histoire d’eau en carafe! Eaux jaillissantes de ma pensée pour lancer ce petit coup de gueule, en tant qu’étudiante fauchée qui compte ses sous et qui apprécie encore de pouvoir savourer gratuitement notre bonne eau fraîche!