Politik | 04.09.2011

Inculquer aux jeunes la culture du débat

Text von Juliette Ivanez | Bilder von Valentin Berclaz
Au pied de la scène francophone du Politbuskers, l'équipe de Tink.ch a rencontré Raphaël Comte, jeune Conseiller aux Etats résolument branché.
"Les supports online ne doivent pas remplacer complètement les formes traditionnelles de campagne."
Bild: Valentin Berclaz

Tink.ch überwindet die Sprachbarriere: In Zukunft werden vereinzelt lesenswerte französische Artikel unserer Redaktionen in der Romandie in die deutschsprachige Publikation eingebaut. Den Anfang markiert dieses Interview mit dem Neuenburger Ständerat Raphaël Comte. Denn wenn die Schweiz mehrsprachig sein will, warum nicht auch seine Medien? Was hältst du davon? Rückmeldungen erwünscht!

 

Pour votre élection au Conseil des Etats, vous avez beaucoup fait campagne sur Internet. Pourquoi avoir misé sur les nouvelles technologies, plutôt que sur un mode de campagne plus traditionnel?

On connait déjà  les campagnes traditionnelles. Elles ont de toute façon lieu, par le biais d’affiches, de publicités dans les journaux…L’avantage des campagnes sur Internet, sur Facebook par exemple, est avant tout que celles-ci touchent un public différent; public qui n’est pas forcément sensible aux campagnes traditionnelles. Elles ont en plus l’avantage d’être relativement peu lourdes au niveau financier: on peut, en investissant peu d’argent, toucher un nombre plus important de personnes. A l’heure où Internet est devenu incontournable, il s’agit de diversifier les outils.

 

La campagne online est-elle réservée aux jeunes politiciens, ou tend-elle à  se généraliser?

Il est clair qu’elle se généralise largement. Maintenant tous les élus ont un site, une page Facebook pour informer de leurs activités, car c’est un moyen relativement facile de communiquer: on peut en quelques secondes faire circuler une information, tout en touchant beaucoup de personnes. Les rencontres traditionnelles, où l’on invite tout le village au bistrot du coin, ne sont plus fédératrices. On constate qu’il est aujourd’hui difficile de faire déplacer les gens; alors avec les nouvelles technologies les élus peuvent, pour un investissement faible, toucher largement leur public.

 

A faire campagne derrière son écran, ne risque-t-on pas de déshumaniser la politique?

C’est pour cela qu’à  mon avis, les supports online ne doivent pas remplacer complètement les formes traditionnelles de campagne, mais plutôt compléter ces dernières. Il n’est pas question d’abandonner les stands de rue, les rencontres, qui nous permettent de discuter facilement avec l’électorat. La campagne idéale est donc mixte: elle utilise les moyens traditionnels tout en intégrant une touche moderne.

 

Que représente pour vous le fait d’être présent aujourd’hui, et de vous engager auprès des politiciens en herbe?

Il est important de motiver les jeunes, ceci pour assurer le renouvellement politique. Souvent on ne pense pas à  la relève, et l’on se contente de gérer les affaires courantes au jour le jour; puis six mois avant les élections, on prend conscience qu’on ne sait pas comment remplacer les élus qui quittent. C’est pourquoi je pense qu’il faut, suffisamment tôt, détecter les jeunes qui sont intéressés et qui pourront potentiellement s’investir par la suite. L’enjeu est que leur désir de s’engager puisse se concrétiser et qu’ils trouvent leur place au sein du parti.

 

Selon vous, pourquoi est-il si important de donner la parole aux jeunes?

J’ai participé plusieurs années à  la Session des jeunes; et elle constitue clairement une opportunité d’apprendre à  parler en public, qualité qui n’est pas forcément innée. Car la politique nécessite de savoir s’exprimer, devant les médias par exemple. C’est pourquoi l’intérêt de la Session est aussi de permettre aux jeunes de se préparer, éventuellement, à  un futur mandat. De tels évènements inculquent parfaitement la culture du débat.

 

Comment pourrait-on agir pour que les propositions votées à  la Session des Jeunes aient un réel impact sur les élus?

Il est vrai que les demandes des jeunes finissent parfois dans un tiroir, si elles abordent des sujets déjà  traités ou des propositions rejetées auparavant. Il est alors ardu de faire changer le parlement d’avis avec une pétition qui apparait comme redondante. Toute la difficulté est de déposer un projet qui puisse recueillir une majorité; et le premier apprentissage de la démocratie est aussi d’accepter de perdre en politique. Je pense qu’il est important de sensibiliser les parlementaires avant que les propositions soient traitées, en pratiquant du lobbying: prendre des contacts auprès des élus, et leur expliquer le pourquoi du projet. La Session des jeunes gagnerait à  s’organiser afin de suivre les propositions, au travers d’un réseau parlementaire qui pourrait défendre ces dernières; car au moment du vote, tout est souvent déjà  décidé, et il importe de travailler en amont pour qu’une pétition ait une chance de succès.

Links